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jeudi 11 août 2022
DomicileVisionDu Bianco à la Justice

Du Bianco à la Justice

Pour redorer son image auprès du public, le Bianco martèle à tous vents qu’il est un organe indépendant. Mais entre les directeurs généraux sortant et entrant de ce bureau anti-corruption, le discours est loin de se rejoindre. Le «sortant » reconnaît la dépendance et a expliqué qu’il a obtenu des résultats en arrivant au bout de ses investigations. Mais sa mission s’arrête là car la suite ne dépend plus de lui. Qu’a-t-on donc fait des résultats d’enquêtes du Bianco ? L’entrant, en revanche, s’estime indépendant dans les actions qu’il engagera tout simplement d’abord parce qu’il a été recruté sur la base d’un appel d’offre.

Du Bianco à la Justice

         Entre celui qui part et celui qui le remplace, les points de vue donnent l’impression d’oublier que le Bianco est rattaché à la présidence de la République. Que tant que ce lien existe, le Bianco est soumis à l’autorité hiérarchique. Ses investigations ne toucheront jamais cette institution. Sinon, bien que tout le monde pour ne pas dire n’importe qui, ait le droit de saisir le Bianco, celui-ci n’a pas le pouvoir de juger et de sanctionner. Sa force et sa puissance d’intervention s’arrêtent à la fin de l’investigation. Le reste est affaire de la Justice qui décide de la suite à donner aux dossiers  de corruption qui lui sont transmis. Il serait par conséquent intéressant que le Bianco fasse connaître en toute transparence, les affaires qu’il envoie à la Justice pour que les suspicions d’inaction du public, ne retombent pas sur lui. Maintenant que le nouveau DG est un magistrat, la coordination dans la chaîne de la lutte contre la corruption devrait répondre aux attentes. Le président de la République a évoqué dès sa prise de fonction la lutte contre la corruption comme l’une de ses principales priorités. Il n’a pas tort de dire que « le pays est gangréné par la corruption». Le phénomène ne s’est pas réduit. Bien au contraire, il continue de plus belle dans l’administration publique et le privé, favorisé depuis quelques années par les trafics des ressources naturelles et minières. Le classement que sort Transparency International chaque année sur les secteurs les plus touchés par la corruption sont édifiants. Mais ces résultats n’ont aucun impact réel sur le phénomène. Dans les secteurs dénoncés pour être les plus corrompus, les réactions laissent à désirer. La volonté d’assainir et de changer n’est engagée qu’au minimum. La raison est que tout le monde se tient par la barbichette selon le dicton populaire. On attend du Bianco des actions efficaces et de toute la chaîne anti-corruption, en particulier la Justice, des résultats significatifs pour que l’indépendance souhaitée ne soit pas un mot vide de sens.

Zo Rakotoseheno

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