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lundi 27 juin 2022
DomicileSociétéAntananarivo : Curage à main nue des canalisations

Antananarivo : Curage à main nue des canalisations

Choquant, touchant, émouvant… pourtant impuissant face à la situation.
Choquant, touchant, émouvant… pourtant impuissant face à la situation.

A Antananarivo, les agents de la CUA travaillent à main nue pour curer les dalles de canalisation pour que l’eau descende plus vite.

La scène est presque irréelle. A Andrefan’Ambohijanahary, à défaut de station de pompage, des agents de la Commune Urbaine d’Antananarivo  vident à la main les canaux d’évacuation pour laisser l’eau couler, ainsi réduire plus vite l’eau qui monte à cause des incessantes pluies de ces dernières semaines. Il s’agit bien de canaux d’évacuation d’eaux usées venant des maisons, incluant toutes les immondices que cela sous-entend. Mais c’est le travail, et armés d’un seau d’eau, de beaucoup de courage et animés par le besoin de gagner un peu pour le bol de riz de la famille, ces agents s’y mettent, sans rechigner. A Andrefan’Ambohijanahary, sur cette petite ruelle menant vers la chaussée, les habitants du quartier devaient avant payer 200 ar pour être portés sur le dos, et traverser la ruelle. Depuis, des planches de fortune ont été érigées afin de permettre aux gens de traverser l’endroit. Sauf qu’avec ce curage manuel, l’odeur nauséabonde et l’environnement  tout autour a changé. Des femmes interpellent alors les passants en leur rappelant « qu’ils doivent même toucher aux immondices pour rendre les ruelles praticables et faire redescendre l’eau », en échange de quelques billets.

Outils. Les curages de dalles de canalisation, c’est un peu partout dans les bas quartiers. Certains agents exécutent les mêmes activités du côté d’Isotry, Bekiraro, où les eaux montent dès qu’il y a averse. Ces derniers travaillent certes avec une tenue, une combinaison qui ne protège finalement de rien. Sans gants, avec des chaussures qui laissent à désirer, puisque l’on ne parle pas de bottes, ces agents de la Ville travaillent, là encore sans rechigner. Les populations, elles, les fuient tant l’odeur est insoutenable. Et là encore, l’on se pose des questions sur ce que les élus, du haut de leurs véhicules et de leurs grandes bâtisses, font pour au moins leur donner les outils nécessaires et convenables pour qu’ils fassent leur travail au mieux, loin des possibilités de maladies qu’ils pourraient contracter à cause de toute cette insalubrité.

Anjara Rasoanaivo

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