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samedi 1 octobre 2022
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Tsiandopy Jacky Mahafaly : Le président du SIEM sort de son silence

Tsiandopy Jacky est solidaire des inspecteurs d’Etat.
Tsiandopy Jacky est solidaire des inspecteurs d’Etat.

Absent de la scène médiatique depuis quelques années, le président du SIEM ou Syndicat des Inspecteurs généraux d’Etat de Madagascar sort de son silence. L’ancien ministre de la Fonction Publique, du Travail et des Lois Sociales ne pouvait plus se taire face à ce qui se passe au sein de l’IGE.

Midi : Votre réaction par rapport à ce qui se passe au sein du grand corps de l’Etat auquel vous appartenez ?

Tsiandopy Jacky Mahafaly : « Je voudrais m’exprimer ici en mon nom personnel et en tant que Président du Syndicat des Inspecteurs d’Etat de Madagascar (SIEM), défenseur des droits moraux et professionnels de tout Inspecteur d’Etat affilié au Syndicat et qui ne peut rester insensible aux exactions dont sont victimes des Inspecteurs Généraux d’Etat. Une inscription en faux est d’ores et déjà adoptée pour une manifestation de solidarité sans faille à l’endroit de ces harcelés. Je voudrais en particulier réagir au « feuilleton » qui fait les choux gras des médias depuis plusieurs semaines. Des Inspecteurs Généraux d’Etat qui croyaient sincèrement et correctement faire leur travail sont sur la sellette ».

MM : De quoi les accuse-t-on au juste ?

TJM : « On les accuse d’avoir divulgué au public des faits se rapportant à ce qu’ils auraient découvert lors de leurs investigations sans en avoir référé à leur supérieur hiérarchique, qui, d’ailleurs, leur aurait demandé de laisser tomber. L’Etat de droit, la bonne gouvernance, la transparence » sont les valeurs constitutionnelles inscrites dans le préambule de notre loi fondamentale. Les princes qui nous gouvernent sont-ils conscients qu’ils ont juré de se soumettre à ces valeurs ? Se rendent-ils compte que de par le sacro-saint principe de redevabilité des dirigeants envers leurs administrés, il est de leur devoir de tenir tous les citoyens informés de ce qui se passe au pays ? De toutes les façons, les normes invoquées et qui auraient été souhaitées d’être respectées relèvent d’un temps passé qui est bel et bien révolu. Qui aurait en effet pu imaginer au début des années 1990 (adoption du statut régissant les Inspecteurs d’Etat) que la transparence deviendrait un des piliers de la bonne gouvernance ? »

MM : Constatez-vous une mauvaise gérance ?

TJM : « Pour être plus précis, le style de gouvernance adopté par ce régime semble obéir à un leitmotiv machiavélique : faire taire les voix jugées dissidentes, museler la presse, traquer les leaders syndicaux, humilier les corps de profession en leur promettant du vent. A  ce sujet, le SIEM en connaît quelque chose ».

MM : Et concernant la grève du syndicat justement ?

TJM : « La grève que ce syndicat a déclenché et géré en 2013 avait pour but de rendre attractif ce corps et visait à susciter l’intérêt des grands corps de l’Etat à s’intéresser au contrôle de l’utilisation des deniers et biens publics afin d’étoffer l’effectif, car, par les temps qui courent, ce corps est devenu gérontocratique. A l’issue des échanges de point de vue sur la grille indiciaire, une promesse formelle (consacrée dans un  décret) a été donnée pour une reconsidération des indemnités à allouer aux Inspecteurs d’Etat. Force nous est cependant de constater que trois ans après, le ministère responsable de la mise en œuvre de ce décret ne semble plus disposer à ce qu’on en parle. J’en apporte comme preuve une demande d’audience que j’ai introduite en 2015 et qui n’a connu aucune suite jusqu’à ce jour, malgré mes relances. Le corps des Inspecteurs d’Etat ne s’est jamais vu consulté lors des diverses formations des commissions administratives appelées à éclairer les décideurs sur les divers aspects administratifs et financiers et des problèmes du pays ».

Midi: Le mot de la fin ?

TJM : « En tout état de cause, nous ne pouvons pas indéfiniment (et impunément ?) adopter et persévérer dans une politique qui consiste à cacher la forêt derrière l’arbre. Nous dépensons beaucoup trop de temps à faire semblant de débattre sur des futilités tout en occultant les sujets brûlants à l’origine des maux de ce pays. Le citoyen que je suis, ne peut plus se complaire dans un silence complice. Quoiqu’il en soit, fort de son expérience et savoir-faire, de l’éthique qu’il partage avec la communauté internationale, des Institutions Supérieures de Contrôle (ISC) comme l’INTOSAI, l’IASC, l’IFAC, le SIEM rappelle les quatre piliers sur lesquels il a fondé ses valeurs, à savoir : la promotion de l’Etat de droit, la promotion de la culture de l’excellence, l’éradication de la culture de l’impunité, le respect de l’éthique et de la déontologie ».

Propos recueillis par BJ.Chirac

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