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jeudi 30 juin 2022
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DomicileFaits-DiversLettre de lecteur - Affaire Villa Elisabeth : L’Etat doublement piégé

Lettre de lecteur – Affaire Villa Elisabeth : L’Etat doublement piégé

Qui aurait cru que le gouvernement actuel ignore complètement cette affaire comme affirme le ministre Ramanantsoa Rabenjamina ? C’est d’ailleurs la raison qui justifie le fameux arrêté ministériel pris sur-le-champ pour arrêter la procédure de la transaction .Les deux ministres paniqués par la dimension donnée par la presse à cette affaire avaient tout fait pour expliquer au public et à leurs collègues au sommet de l’Etat qu’ils sont loin de ce scandale, mais le fautif est l’homme de la Transition en la personne du ministre Julien Reboza. Le contexte général marqué par le décès de l’ancien Président de la République était jugé comme dangereux étant donné que le Président défunt est a priori la première victime de ce coup d’éclat. Cela risque aux yeux des tenants du pouvoir de constituer un tsunami politique dont les effets à très court terme seront incommensurables.

Désarroi. Si le gouvernement avait pris seulement un peu de recul pour monter une bonne stratégie politique et une communication politique adéquate, il n’aura ni à mentir ni à se faire piéger bêtement par des arguments qui ne font qu’apparaître le réflexe d’une équipe au désarroi. En fait les deux ministres ont tout simplement menti pour se disculper de cette affaire alors que la continuité de l’Etat a été bel et bien respectée. Le ministre Reboza a signé le document en janvier 2014  en faveur du premier preneur, la transaction avec le premier et le deuxième preneur est réalisée en 2016,  en septembre 2017, le ministère des Finances a donné une procuration au service des logements du Patrimoine d’Etat pour participer aux procédures de morcèlement dudit domaine pour dégager les 700m2 censés recevoir le bâtiment à étage programmé pour la nouvelle résidence de l’ancien Président de la République et c’est ce même ministère des Finances qui a fait les démarches auprès de la Commune urbaine d’Antananarivo en octobre 2017 pour avoir le permis de construire de ce bâtiment.

Arrêté ministériel. En fait la chaîne des procédures au niveau des trois ministres malgré tout, ne présente aucune illégalité sauf que lorsque le gouvernement actuel annule par un simple arrêté ministériel une procédure finalisée où il est question de titres fonciers .En effet, les deux ministres Reboza Julien et le ministre des Finances ont signé des documents officiels qui ne comportent aucune irrégularité sauf que le même Directeur Général du service des Domaines en 2014 au temps de Reboza Julien et en 2017 au temps de Ramanantsoa Rabenjamina,  a fait signer au premier un document d’un terrain domanial St Antoine sans la moindre mention sur la villa Elisabeth .Pour le deuxième ministre, il ne l’a pas peut-être informé de ce dossier.

Retour au bercail. Ce qui est bizarre et qui sent la magouille est la disparition du dossier du circuit étatique pendant que le ministre Narson Rafidimanana était aux commandes de l’Aménagement du Territoire. L’explication est simple : ce Directeur Général du Service des Domaines  a été démis de ses fonctions par le ministre Rafidimanana et a de nouveau retrouvé son poste avec Rabenjamina Ramanantsoa. La disparition du dossier coïncide avec l’absence de ce DG dans l’administration des Domaines et la réapparition du dossier en septembre 2017 s’explique alors  par ce retour au bercail. Qu’il le veuille ou non, il est très facile d’en tirer une conclusion compromettante  contre lui.

« Mpanera ». Cette affaire a sonné comme un glas. Par contre, ce n’était en fait que des procédures normales au niveau des trois ministres dont l’un celui de la Transition et les deux derniers ceux du gouvernement actuel .La presse parle des magouilles au niveau des coûts évalués à 1 000 ariary par mètre carré. Dans les textes en vigueur il n’y a que des coûts à titre indicatif qui varient d’une région à une autre. L’Etat a même la prérogative de céder un terrain domanial avec un coût d’Ariary symbolique quand les investissements s’avèrent bénéfiques pour l’Etat. La cession des terrains domaniaux à des preneurs privés est chose courante. En revanche, ce qui inquiète dans cette affaire est l’existence d’un deuxième preneur. Ce qui laisse entendre que le premier preneur n’est qu’un « mpanera » avec toutes ses magouilles. Le dossier officiel signé par le ministre Reboza ne concerne que le premier preneur. La deuxième transaction n’est qu’une affaire entre privés. C’est l’absence de textes qui ouvre la porte à ces magouilles de toute sorte dans la chaîne de procédure de cession des terrains domaniaux. Les cas sont nombreux aujourd’hui.

Randrianjafy M.

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