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mardi 28 juin 2022
DomicileSociétéLutte contre la peste : Les puces d’Antanimora insensibles à tout insecticide

Lutte contre la peste : Les puces d’Antanimora insensibles à tout insecticide

Les rats prolifèrent dans nombre de centres de détention à Madagascar.

Dans le cadre de l’assainissement des centres de détention à Madagascar, une étude a été menée sur la sensibilité des puces aux insecticides dans les prisons.

 

Sur douze insecticides testés, aucun ne s’est révélé efficace sur les puces vectrices de la peste récoltées dans la prison d’Antanimora. En d’autres termes, les puces de rats dans ce lieu de détention affichent un haut niveau de résistance à ces insecticides. Cette conclusion ressort d’une étude sur la résistance des puces aux insecticides, menée au niveau de six centres de détention à Madagascar, dans le cadre d’un programme d’assainissement dans ces centres. L’étude a été réalisée par rapport aux conditions d’hygiène et sanitaire des prisonniers, pouvant les exposer à un risque plus important de peste. Point n’est besoin de rappeler que les rongeurs tels que les rats prolifèrent particulièrement dans nombre d’établissements pénitentiaires à Madagascar, incluant celui d’Antanimora où les détenus, déjà en surnombre, cohabitent quasiment avec les rongeurs.

 

Lieu sensible. Des opérations de dératisation et de désinsectisation ont été menées dans les centres de détention par des équipes de la brigade anti-rat du ministère de la Santé Publique, sous la supervision technique de l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM) et en collaboration avec le Comité international de la Croix Rouge (CICR). Les puces des rats ont été collectées et testées au laboratoire d’entomologie médicale de l’IPM afin d’en évaluer la sensibilité aux insecticides. Les douze insecticides testés suivent le protocole recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Si pour Antanimora, aucun des douze insecticides ne s’est révélé efficace sur les puces issues des rats, la situation est légèrement différente dans les autres prisons où l’étude a montré que les puces sont moyennement sensibles à cinq insecticides. Ce phénomène de résistance pourrait compromettre la lutte contre la peste et place les établissements de détention parmi les lieux sensibles, plus exposés à la recrudescence de la peste. Aussi, l’étude a-t-elle émis quelques recommandations, incluant la poursuite de la surveillance de la sensibilité des puces aux insecticides afin d’identifier l’insecticide efficace à utiliser.

 

Mécanisme mal connu. Pour l’instant, les mécanismes permettant aux puces d’être résistantes aux insecticides ne sont pas encore clairement identifiés. Des recherches mériteraient alors d’être menées concernant ce volet en particulier, afin d’optimiser l’utilisation des insecticides et gérer le phénomène de résistance. Des recherches qui contribueraient à une prise de décision éclairée au niveau du ministère de la Santé Publique, lequel pourrait alors ajuster les mesures à prendre et déterminer les actions les plus adaptées dans la lutte contre la peste. Rappelons que le programme de dératisation dans les prisons, dans le cadre duquel a été menée cette étude sur la résistance des puces dans six prisons de Madagascar, était un programme piloté par l’Unité Peste de l’IPM en partenariat avec le ministère de la Santé Publique et celui de la Justice, avec la collaboration du CICR, sur financement de l’ambassade de Suisse.

Hanitra R.

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