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jeudi 18 août 2022
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Forêt domaniale d’Ampanihy : Risque de privatisation par des tiers

Une piste de 4km a été tracée dans la forêt d’Ampanihy.

Bordée à l’ouest par la mangrove, la forêt domaniale d’Ampanihy appartient au patrimoine naturel et culturel de l’Île  Sainte-Marie.

Elle rend des services écologiques, économiques et culturels indispensables à la population. C’est, entre autres, un lieu de tenue de cultes ancestraux appartenant aux traditions saint-mariennes. La forêt d’Ampanihy renferme, en outre, des espèces endémiques locales récemment inventoriées, en danger critique d’extinction et/ou vulnérables. Elle joue également, avec la mangrove, un rôle de rempart indispensable contre les effets du changement climatique dans cette île particulièrement vulnérable aux cyclones. En raison de leur importance écologique et économique, pour ne citer que le tourisme et la sécurité alimentaire, les écosystèmes de la presqu’île d’Ampanihy ont été proposés par la population locale comme zone vouée à une protection intégrale dans l’aire protégée marine et terrestre qui est en cours de création à Sainte-Marie, avec l’appui de l’ONG GRET.  Cependant, une grande partie de cette forêt domaniale d’Ampanihy fait l’objet de demandes d’acquisition foncière depuis le début de l’année.  Elle risque ainsi d’être privatisée par des tiers, a dénoncé la société civile PCADDISM (Plateforme de Concertation et d’Appui au Développement de l’Île Sainte-Marie).

Défrichement de 4 km. Son intégrité écologique pourrait également être menacée, selon ses dires. En effet, la privatisation ou le déclassement de cette forêt pourrait entraîner la perte d’espèces menacées et la perte définitive d’espèces endémiques locales, tout en accentuant la fragmentation de l’écosystème et sa vulnérabilité, selon cette société civile. La perte des services écologiques, économiques et socio-culturels ainsi que la perte de jouissance des droits ancestraux d’une partie de la population ne sont pas en reste. En fait, des opérations de reconnaissance par les services compétents ont déjà eu lieu, sans respect des délais liés aux formalités obligatoires de publicité en vigueur. Et tout récemment, un défrichement illégal de quatre kilomètres dans la forêt naturelle a été suivi de coupes illicites de bois de rose et d’autres espèces endémiques en vue de faciliter l’accès à un terrain à vocation touristique, a dénoncé cette société civile PCADDISM.  Cet acte s’est accentué plus précisément en mars, soit durant la période de confinement, alors que la demande d’acquisition de ce terrain est actuellement en cours, selon toujours ses dires.

Opposition des communautés. Il est à noter que cette société civile et l’ONG GRET, accompagnées par les responsables des services régionaux du ministère de l’Environnement et du développement durable, ont constaté ces infractions suite à leur descente sur terrain. Ensuite, la PCADDISM a fait une pétition auprès des services concernés et autorités compétentes pour tirer la sonnette d’alarme face à cette situation. En effet, ce fait témoigne que les risques d’atteinte à la biodiversité sont réels et que des impacts directs sur l’environnement se font déjà sentir. Par ailleurs, la loi 97-017 portant régime forestier stipule que les forêts et les mangroves appartenant au domaine de l’Etat sont inaliénables, imprescriptibles et incessibles. Les membres de cette plateforme de société civile regroupant, entre autres, les communautés d’Agnafiafy, de Sahasifotra et Ankobahoba, ont ainsi exprimé leur désaccord sur la cession de ce terrain, dans cette lettre de pétition destinée également au ministre de tutelle. Appuyés par l’ONG GRET qui est le promoteur de la future aire marine protégée de Sainte-Marie, ils se sont engagés dans la préservation et la valorisation des biens communs et l’appui au développement durable de l’Île Sainte-Marie. Ils s’opposent de ce fait à la privatisation éventuelle de la forêt d’Ampanihy et des autres forêts de Sainte-Marie. Ces forêts doivent rester un bien commun, non privatisable et dans l’intérêt et le respect du droit des générations actuelles et futures, ont-ils clamé.

Navalona R.

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