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samedi 4 février 2023
DomicileEconomieForêt domaniale d'Ampanihy : Privatisation protestée par les communautés de Sainte-Marie

Forêt domaniale d’Ampanihy : Privatisation protestée par les communautés de Sainte-Marie

Les communautés locales de Sainte-Marie craignent la privatisation de la forêt domaniale d’Ampanihy.

La forêt domaniale d’Ampanihy sur l’Île de Sainte-Marie fait l’objet de demandes d’acquisition foncière. Cela pourrait aboutir à sa privatisation et menacer son intégrité écologique, selon les Saint-mariens qui ont lancé une pétition.

 Un bien commun, un patrimoine menacé ! C’est ainsi que la population de l’île Sainte-Marie considère actuellement la forêt domaniale d’Ampanihy. « Bordée à l’Ouest par la mangrove d’Ampanihy, cette forêt appartient au patrimoine naturel et culturel de l’Île et rend des services économiques et culturels indispensables à la population. Elle est le lieu d’exercice de cultes ancestraux appartenant aux traditions saint-mariennes. La forêt d’Ampanihy renferme en outre des espèces endémiques locales récemment inventoriées en danger critique d’extinction et/ou vulnérables. Elle joue également, avec la mangrove, un rôle de rempart indispensable contre les effets du changement climatique dans cette île particulièrement vulnérable aux cyclones. En raison de leur importance écologique et économique (tourisme, sécurité alimentaire), les écosystèmes de la presqu’île d’Ampanihy ont été proposés par la population comme zone vouée à une protection intégrale dans l’aire protégée marine et terrestre en cours de création à Sainte-Marie », ont souligné les communautés locales regroupées dans la PCADDISM (Plateforme de Concertation et d’Appui au Développement Durable de l’île de Sainte-Marie).

Risque de privatisation. Malheureusement, cette forêt domaniale fait aujourd’hui l’objet de demandes d’acquisition foncière. Ces demandes, en cours, concerneraient une grande partie de la forêt domaniale (notamment le terrain n°Aff-17 26 SM). Selon les informations, des opérations de reconnaissance par les services compétents ont déjà eu lieu, sans respect des délais liés aux formalités obligatoires de publicité en vigueur selon l’article 48 de l’Ordonnance n°62-047 du 20 septembre 1962. Les communautés d’Agnafiafy, de Sahasifotra et Ankobahoba ont ainsi exprimé leur désaccord sur la cession de ce terrain dans un courrier adressé à l’ensemble des autorités et services concernés. « En vertu de la Loi 97-017 portant régime forestier, nous rappelons que les forêts et les mangroves appartenant au domaine de l’Etat sont inaliénables, imprescriptibles et incessibles. La privatisation ou le déclassement de la forêt domaniale d’Ampanihy pourrait entraîner la perte d’espèces menacées ; la perte définitive d’espèces endémiques locales ; accentuer la fragmentation de l’écosystème et sa vulnérabilité ; la perte des services écologiques, économiques et socio-culturels ; et la perte de la jouissance des droits ancestraux d’une partie de la population », a soutenu la PCADDISM.

Atteinte à la biodiversité. A noter qu’un défrichement illégal de 4km dans la forêt naturelle (coupe de bois de rose et d’autres espèces endémiques) a déjà été effectué en mars dernier, visant à faciliter l’accès à un terrain à vocation touristique en cours de demande à Ampanihy. Pour les communautés locales, ce fait témoigne que les risques d’atteinte à la biodiversité sont réels et que des impacts environnementaux ont déjà eu lieu. « Nous, membres de la PCADDISM, communautés de l’Île de Sainte-Marie, sommes engagés dans la préservation et la valorisation des biens communs et l’appui au développement durable de l’Île de Sainte-Marie. En tant que force d’interpellation sur des problématiques locales inhérentes à nos missions, et avec votre soutien, nous nous adressons à la ministre de l’Environnement et du Développement Durable pour manifester notre opposition à la privatisation éventuelle de la forêt d’Ampanihy et des autres forêts de Sainte-Marie. Ces forêts doivent rester un bien commun, non privatisable et dans l’intérêt et le respect du droit des générations actuelles et futures vivant à Sainte-Marie », a déclaré la PCADDISM. Ainsi, un bras de fer est lancé entre les communautés locales et les demandeurs d’acquisition foncière. Affaire à suivre…

 Antsa R.

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