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samedi 1 octobre 2022
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Plan Marshall : « Il faut plus de fonds pour favoriser la production », selon Cédric L. Ratsironkavana  

Lucka Cédric Ratsironkavana, économiste spécialisé dans la Protection sociale.

L’intervention de l’Etat est indispensable pour que l’économie reprenne rapidement son processus de développement, selon Lucka Cédric Ratsironkavana, économiste spécialisé dans la Protection Sociale, et membre du CREM. Interview.

Midi Madagasikara (MM). Le président de la République a parlé d’un Plan Marshall. En quoi consiste ce type de plan ?

Lucka Cédric Ratsironkavana (LCR). Historiquement, le plan Marshall était un plan élaboré par les Etats-Unis en 1947, pour redresser l’Économie européenne après la seconde guerre mondiale. Si l’on se réfère à notre crise actuelle, le Plan Marshall conçu par le président de la République est un plan de relance économique qui consiste à redresser l’économie, suite aux effets néfastes engendrés par la pandémie de Covid-19. Plus précisément, il s’agit d’un Plan axé sur le secteur des infrastructures (BTP) au profit des 22 régions de Madagascar pour un budget de 1 043 milliards d’Ariary, inscrit dans la loi de finances rectificative (LFR) 2020.

  1. Quels seront les effets attendus ?

LCR. Comme le président de la République l’a martelé, plus aucun district ne sera laissé à l’abandon. Chaque région bénéficiera de ce fonds pour ses projets d’investissement, à l’exemple des 1 250 km de routes et de ponts ; des 44 immeubles d’habitation et des bureaux ministériels ; des 174 bureaux communaux, de districts, régionaux ; des 1 100 salles de classe ; des 8 campus universitaires régionaux… la liste est longue. Si tout se déroule bien, les impacts socio-économiques seront énormes. Sur le court terme, il y aura de vastes créations d’emplois dans le BTP, mais également dans les autres secteurs. Sur le moyen long terme, une amélioration du capital humain sera constatée, corroborée par un meilleur accès aux services sanitaires et à l’éducation de qualité. Les études faites ont montré que 1 USD investi dans le secteur de la Santé, en particulier dans la vaccination infantile, représente un investissement qui permet de réaliser un gain de 16 USD pour des frais médicaux évités. Dans le secteur éducation, une augmentation de 10 % de l’effectif dans le primaire améliore de 3,5 % le PIB réel. Tout cela pour illustrer les retombées économiques de ces projets d’investissements, bénéfiques pour la population malgache. Ce plan Marshall pourra améliorer la productivité individuelle, qui, par la suite, augmentera le revenu national en améliorant la production nationale du pays.

  1. En tant qu’économiste, pensez-vous que ce plan pourrait réussir, compte tenu des défis à relever et des moyens à disposition?

LCR. Le budget dont dispose chaque région est alloué suivant plusieurs paramètres. Mais si l’on suppose un partage égal du fonds Marshall, cela fait 47 milliards d’ariary par région pour accomplir les différents projets d’investissements mentionnés ci-dessus. Ce qui se révèle insuffisant compte tenu des défis à relever. La construction de routes à elle seule nécessite, en moyenne, 1 milliard d’ariary par km. Avec 1 250 km de routes à construire, les coûts seront colossaux. Dans un second temps, afin d’atteindre l’objectif de développement durable (ODD) qui vise une éducation nationale de qualité pour tous, un montant total additionnel de 174 millions USD par an reste à mobiliser. Il est clair que le fonds du Plan Marshall est minime par rapport aux besoins. Il faut accroître massivement ce budget si l’on veut que le Plan réussisse. Le point positif qu’il faut tirer, par contre, est que chaque région verra un budget d’investissements plus important par rapport à celui indiqué dans la loi de finances initiale.

  1. MM. Face à la double crise, notamment celle des recettes publiques et celle du secteur productif, comment pourrait-on gagner sur les deux fronts?

LCR. Depuis la pandémie de Covid-19, un ralentissement des activités économiques est constaté. Le secteur productif se détériore. Les mesures sanitaires ont impacté toutes les forces productives, entraînant la baisse de la production. L’intervention de l’Etat est nécessaire pour relancer la machine productive. Il peut octroyer aux agriculteurs et entrepreneurs des prêts garantis pour reporter ou alléger les charges fiscales des sociétés privées, etc. Dans le secteur public, les recettes fiscales et douanières ont connu une importante diminution de l’ordre de 29 % par rapport à la loi de finances initiale. Afin de soutenir l’équilibre budgétaire et la viabilité des finances de l’Etat, Madagascar a bénéficié d’appuis financiers venant des différents partenaires techniques et financiers. Cependant, l’Etat doit vraiment favoriser la bonne santé de l’économie productive, pour pouvoir espérer plus de recettes internes, vers la fin de l’année fiscale.

Recueillis par Antsa R.

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