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dimanche, mai 22, 2022
DomicilePolitique« Valalan’amboa ka ny tompony aza… »

« Valalan’amboa ka ny tompony aza… »

Il y a vingt ans, ils étaient adolescents et grandissaient à une allure différente de celle de leurs aînés ou de leurs parents. Qui sont-ils ? Ils faisaient partie de la génération « Tiko », celle où le yaourt aux normes (manarampenitra, dirait-on aujourd’hui), à un prix abordable était devenu un produit de consommation courante. Et on en prenait tous les jours, les nourrissons, les enfants comme les adolescents. C’était possible parce que presque les petites comme les moyennes épiceries étaient achalandées régulièrement dans les grandes, les moyennes et mêmes les petites villes de ce produit devenu nécessaire pour la santé publique. Les petits artisans en faisaient mais étaient marginaux, faute de pouvoir diversifier leurs produits. Mais les aromatisés, ceux avec pulpes de fruits, étaient l’apanage de la marque qui fabriquait sur place et qui était légal de grandes firmes multinationales comme Danone ou autres. Même les étrangers établis ou de passage se fiaient à cette marque « gasy », comme ils le faisaient les yeux fermés avec les sodas reconnus mondialement pour la qualité de leurs chaînes de production ou de distribution. On pourra toujours vanter les produits de cette marque qu’on risque de ne plus trouver. Hélas !

Il y a deux matières à réflexion pour nos décideurs :

Primo, les grandes nations asiatiques, sauf la Chine, doivent leur statut économique actuel à de grands groupes privés et familiaux. Prenons les exemples les plus significatifs de la Corée du Sud et de l’Inde. Comme Hyundai, Samsung, Kia en Corée du Sud ; et Tata et Mittal en Inde. On ne les a pas jalousés (on est loin du « Manao ory hava-manana » gasy) ; au contraire on les couvait, on les choyait dans les marchés publics au détriment des étrangers, il faut le dire. Au contraire, on pouvait fermer les yeux sur leurs éventuels écarts. La seule condition à laquelle ils devaient se soumettre était celle de réinvestir sur place les bénéfices tirés de leurs opérations. Micmac, embrouilles, combinaisons à l’asiatique peut-on dire, mais toujours est-il que le concept « achetez national » ne suffit pas, encore faut-il permettre de fabriquer « exclusivement » national, ou au moins les prioriser dans la demande nationale (administration, entreprises et ménages). En tout cas, la valeur ajoutée, ne serait-ce qu’en termes d’emplois créés, pouvait largement compenser les éventuels investissements directs étrangers.

Secundo, les relations de ces grands groupes privés nationaux avec l’Etat sont basées sur la collaboration dans les orientations stratégiques, surtout dans les actions de substitution des importations et pendant les différentes mutations de l’économie mondiale. Inversement, chez nous, le code des investissements a pour objectif d’attirer les investisseurs étrangers censés résorber le manque d’emplois avec des mesures d’incitations fiscales, allant de l’exonération de la TVA sur les intranets, à l’exonération d’impôts sur les sociétés et autres. Or, la volatilité des capitaux nous a montré qu’aux moindres soubresauts tant internes qu’externes, ils disparaissent avec l’espoir tant attendu de développement. Pendant ce temps, les entreprises nationales croulent sous les charges fiscales du régime général.

On ne peut que conclure que nous snobons ce qui est à nous. « Valala an’amboa marina ka ny tompony aza tsy tia ».

M.Ranarivao

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