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mardi 9 août 2022
DomicileÀ lirePaysage médiatique : 4 journalistes en prison pendant le confinement

Paysage médiatique : 4 journalistes en prison pendant le confinement

Johary Ravoajanahary (à gauche) et Rolly Mercia sont deux anciens hauts responsables au niveau du ministère de la Communication.

Dernièrement, les cas de certains professionnels des médias ont défrayé la chronique.

Ces dernières semaines, des personnalités de la presse ont comparu en justice. Vendredi dernier, le cas de Johary Ravoajanahary a fait beaucoup de bruits dans les rédactions. Il a été placé en détention provisoire et séjourne en prison en attendant le verdict du tribunal. Toutefois, son cas a été accueilli avec beaucoup d’amertume par certains. Ce journaliste de la télévision nationale, figure bien connue du petit écran depuis les années 90, se serait mouillé dans une affaire de détournement de deniers publics au niveau de l’office de la radio et de la télévision malgache, dont la direction générale lui a été confiée à un certain moment. Son sort n’est pas encore fixé contrairement à ceux d’autres.

Juillet. Le 15 octobre dernier, un autre journaliste et ancien ministre de la Communication, politicien et membre influent du parti Hery vaovao ho an’i Madagasikara, a été condamné à 44 mois de prison ferme pour atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. Harry Laurent Rahajason, alias Rolly Mercia, a été placé sous mandat de dépôt depuis juillet dernier lorsque les mesures de confinement étaient encore en vigueur au pays. Les choses ont mal tourné pour cet ancien ministre car il a été accusé d’avoir participé à l’organisation d’une manifestation à Ambohipo. Le tribunal a rendu son verdict et Rolly Mercia devra rester derrière les barreaux jusqu’en 2024.

Interpellation. En avril de cette année, la journaliste Arphine Helisoa, est elle aussi passé par la case prison durant la période de confinement. Cette dernière a été poursuivie pour « propagation de fausses nouvelles et incitation à la haine envers le président de la République » et a passé un mois sous les verrous. Contrairement à d’autres, son cas a soulevé une vague d’indignation dans le monde des défenseurs de la liberté de la presse. L’affaire a même fait écho à l’international et attire l’attention des organisations reconnues dans la défense de la presse, qui ont multiplié les actions en faveur de cette journaliste.

Libération. Mais le président de la République, Andry Rajoelina, s’est occupé du cas de Arphine Helisoa, et l’a libérée le 3 mai dernier. Une décision qui a bien été accueillie dans le microcosme médiatique qui venait de célébrer, le même jour, la journée mondiale de la liberté de presse. Sabrina, l’animatrice de la télévision Kolo, a également bénéficié de la clémence du chef de l’Etat, et a été libérée le 6 mai dernier, après avoir fait, elle aussi, un mois de prison, suite à une accusation de propagation de fausses nouvelles troublant l’ordre public.

  1. Les cas d’emprisonnement de journalistes et de professionnels des médias ne datent pas d’hier et continuent d’être un sujet sensible pour la presse malgache. Sous le mandat de Hery Rajaonarimampianina, la mise sous mandat de dépôt des deux journalistes Jean Luc Rahaga et Didier Ramanoelina, en juillet 2014, suite à une plainte de Rivo Rakotovao, a créé une vague d’indignations au sein de la presse malgache et a provoqué la radicalisation d’un mouvement qui voulait militer contre le muselage de la presse et la persécution des journalistes. Sous Marc Ravalomanana, où les cas d’atteinte à la liberté de la presse étaient légion, plusieurs journalistes se sont engagés pour dénoncer bec et ongles toutes les dérives du pouvoir d’alors, qui visaient la presse à l’époque.

Rija R.

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