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mardi, mai 17, 2022
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Sillon du passé : L’équilibre régional à la française de second degré à Madagascar

À la fin du XIXème siècle, les Hautes Terres centrales sont dotés des institutions scolaires grâce aux activités des missionnaires protestants et catholiques. Cette situation pousse le général Gallieni à décentraliser l’enseignement laïc. Cette décentralisation consiste à diffuser les écoles officielles dans les zones côtières pour temporiser l’influence des écoles confessionnelles. Entre 1905 et 1930, l’enseignement colonial accorde des avantages aux enfants des notables, des ampanjaka et des fonctionnaires locaux qui travaillent dans les services de l’administration. Les deux gouverneurs généraux Marcel Olivier et Léon Cayla lancent des réformes en 1927 et en 1932 pour créer un système éducatif plus efficace. Ce système consiste à recruter les élèves régionaux par le biais des concours et de contingentement. Par conséquent, des générations d’élites émergent, issues de familles modestes et d’origines paysannes grâce à leur dévouement.

En 1944, la Conférence de Brazzaville est tenue et les colonies françaises deviennent TOM à partir de 1946 à l’issue de laquelle la France est contrainte de collaborer avec les Malgaches pour discuter de l’indépendance du pays. Des élections sont organisées par l’administration coloniale pour élire les représentants malgaches à l’Assemblée constituante française. Cette liberté démocratique provoque des tensions entre les élites côtières et les nationalistes qui se regroupent respectivement dans les partis politiques: le PADESM et le MDRM. L’insurrection de 1947 pousse l’administration à changer le système d’enseignement en lançant la réforme scolaire en 1951. Cette réforme consiste à augmenter le nombre d’établissements scolaires dans les chefs-lieux des provinces et de changer le statut des écoles régionales de la Grande île en Cours complémentaire d’Administration. L’Ecole régionale d’Analalava, de Fénerive-Est, subit  cette mutation. Par conséquent, les grandes institutions supérieures fondées depuis l’époque du général Gallieni perdent peu à peu leur privilège. Jusqu’en 1955, les Hautes Terres centrales bénéficient plus d’ écoles que les zones côtières. Cette situation pousse les élites du Nord-ouest qui sont majoritairement Tsimihety à revendiquer à l’administration l’augmentation des institutions scolaires ainsi que le nombre des bourses d’études vers la métropole en faveur des Côtiers. Au sein de l’Ecole régionale d’Analalava, les Tsimihety dominent en nombre d’élèves malgré l’étendue de sa circonscription. Si le système scolaire crée des adversaires intellectuels entre les élites côtières et celles des Merina, l’institution scolaire a provoqué des conflits sociaux, entre les familles notables et les anciens descendants des masombiky, longtemps victimes d’exclusion sociale et d’oppression coloniale. L’ascension sociale des Makoa qui sont parmi les fonctionnaires autochtones voire les élus régionaux, s’occupant les mêmes postes que les ampanjaka, marquent le début de la disparition de la hiérarchie et de l’exclusion sociale, et sont aussi leçons palpables de l’effet de l’implantation de l’Ecole régionale à Analalava.

Par conséquent, à la veille de l’indépendance, la scène politique malgache est dominée par les loyalistes, résultats de l’apaisement de l’influence merina dans les régions de la côte, une politique des races menée depuis l’époque du général Gallieni qui a valu jusqu’à la veille de l’indépendance. Enfin, les intellectuels qui sont encadrés à l’Ecole régionale d’Analalava, qui vont diriger le jeune Etat malgache à partir de 1960. Parmi eux, Philibert Tsiranana, l’ancien élève de cette institution, fondateur du parti PSD.

Iss Heridiny

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