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mardi 28 juin 2022
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Chronique de Mickey

10 mai 1981, le grand soir ?

Pour ne pas nous limiter à nos problèmes internes que d’autres sont plus à même d’aborder, permettez-moi de revenir quarante ans en arrière le 10 mai 1981. Ce jour-là, a eu lieu le deuxième tour de l’élection présidentielle en France. Pourquoi s’en souvenir ? D’abord à l’époque, il y avait déjà plus de 100.000 Malgaches en France, puis ils n’étaient pas les seuls mais des nations longtemps domptées par une politique française africaine dominatrice, au point de sentir encore vivre une époque assimilable à la colonisation, attendaient avec impatience les résultats de ce deuxième tour. Depuis 1958, pendant 23 ans, en effet, la droite en France était au pouvoir et leur perception, malgré les indépendances, de la présence française sur leur territoire n’a pas beaucoup évolué. A 20 heures précises, quand le présentateur de télé Jean Pierre Elkabbach annonçait : François Mitterrand est élu président de la République ! Ce fut l’euphorie générale en France mais moins sûrement que dans des chaumières en Afrique dont une grande partie fut jadis sous domination française. Un ouf de soulagement qui voit en l’avènement d’un président de gauche moins complaisant envers les potentats « démocratiques » de chez eux ; un partenariat plus égalitaire dans les relations économiques, bref une autre approche de ce qu’on appelle la France-Afrique.

Les premiers temps furent à l’égal du grand soir, tous s’attendaient à un revirement général comme lors de l’accession du Front populaire en 1936. Pour les étrangers sans-papier dont beaucoup de Malgaches, ce fut le temps des régularisations, on délivrait à tour de bras des visas synonymes de moins de tracasseries policières et administratives et d’autorisation de travailler, papiers relevant de l’impossible auparavant. Puis, puis ce fut tout ! Mais un grand merci quand même à Mitterrand, malheureusement, cinq ans après avec le retour de la droite par le biais des législatives, le droit du sol a été remis en question et les enfants de parents étrangers nés en France n’avaient plus automatiquement la nationalité française, les délivrances de visas de séjour redevinrent aussi parcimonieuses qu’auparavant. Quant aux relations étatiques, le pré carré français en Afrique est resté le même pré carré, le soufflet qui a ravivé les feux du grand soir est bien tombé. Il faudra attendre en juin 1990 soit 9 ans après, avec le célèbre discours de La Baule pour noter un tournant significatif dans les relations de la France avec les pays africains « du champ » (la francophonie, y compris les anciennes colonies belges du Rwanda, du Burundi et du Congo).  Il subordonnera désormais l’aide française à l’introduction du multipartisme, ce qui va bouleverser de nombreux paysages politiques en Afrique, chez nous, Didier Ratsiraka en fera les frais. Mais il n’empêche que le grand soir n’est pas encore pour demain.

M.Ranarivao

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