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samedi 2 juillet 2022
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Thierry Rajaona, président du GEM : « L’énergie doit être disponible à un prix péréqué »

Thierry Rajaona, président du GEM (Groupement des Entreprises de Madagascar).

L’énergie est un préalable à tout développement économique, notamment industriel. Le président du GEM (Groupement des Entreprises de Madagascar) nous a livré son point de vue. Interview exclusive.

 Midi Madagasikara (MM). Pour les entreprises, l’électricité représente quel poste de dépense ?

Thierry Rajaona (GEM). Cela dépend des secteurs d’activité. Bien évidemment, les entreprises orientées vers le service ont une faible consommation. Par contre, une unité industrielle et une entreprise de services évoluant dans la filière du call-center, par exemple, auront une consommation élevée.

  1. En tant que président du GEM, quel est votre point de vue sur le secteur électricité actuel, avec la JIRAMA en tête de pont ?

GEM. C’est le vrai talon d’Achille et un goulot d’étranglement de l’économie malgache. Aujourd’hui, il nous paraît évident que les pouvoirs qui se sont succédé n’ont eu aucune vision sur le développement du secteur énergétique. Les derniers grands investissements en termes d’infrastructures hydroélectriques datent des années 80. En 40 ans, les besoins ont évolué. La population a augmenté. L’État a fait le choix d’une politique d’investissement essentiellement basée sur l’énergie thermique. Le pétrole n’était pas cher, les investissements étaient intéressants. C’était sans compter sur les fluctuations de cette matière première. À un moment donné, le prix de l’énergie à Madagascar était parmi les plus élevés en Afrique. Ce qui constituait un frein réel à la rentabilité des entreprises. Ce n’est que maintenant que des réflexions sont engagées pour investir dans l’hydroélectricité à travers les partenariats public-privé. Il y a vraiment urgence. Les projets nécessitent plusieurs années en termes de construction. Il est incompréhensible que pour Volobe ou Sahofika – des dossiers enclenchés en 2016 – les travaux n’aient pas encore commencé. Depuis des années, de nombreuses régions de Madagascar subissent une réelle désindustrialisation, à l’image du Boeny qui concentrait plusieurs unités textiles. Le coût de l’électricité a obligé ces structures à fermer. C’est le genre de conséquence induite par le manque de vision.

  1. Vous vous êtes déclaré en faveur d’Optima, un programme de restructuration tarifaire que la Jirama avait voulu initier. Aujourd’hui, quelle est votre position ?

GEM. Mes propos ont été mal interprétés car Optima ne concernait que la partie basse tension, les foyers en somme. Je ne suis ni pour ni contre. Je ne suis pas là pour parler au nom des particuliers. Cependant, globalement il faut noter que la Jirama a besoin, à la fois, d’une meilleure gouvernance et de réformes. Il est évident que la Jirama a souffert de pratiques de corruption en son sein, ce qui a fait qu’elle a dû négocier des contrats en sa défaveur et au profit des fournisseurs. Sur ce point, il est intéressant de se demander pourquoi Madagascar ne s’approvisionne-t-il pas les centrales thermiques en pétrole ? La mauvaise gouvernance pénalise l’économie générale du pays. En ce qui concerne le tarif appliqué aux entreprises, l’État n’a pas voulu augmenter le coût, pour des raisons politiques. Ce qui a provoqué le déficit de la Jirama. De manière générale, il ne faudrait pas que les impacts des réformes de la structure des prix dans les années à venir aillent dans le sens contraire du développement industriel à Madagascar. Le prix du kilowattheure ne devrait pas être supérieur à celui du continent. Avant d’augmenter les coûts, le véritable enjeu doit être de faire en sorte que la Jirama réduise ses coûts, notamment au niveau des approvisionnements, qu’elle puisse mieux gérer son fonctionnement même avec des pertes énormes – ce ne sont pas forcément les industries qui sont en cause. Nous ne sommes pas contre les réformes. Cependant, elles doivent être mises en œuvre au sein même de la Jirama. Il est fondamental que l’énergie soit disponible à un prix péréqué de façon à ce que des industries puissent voir le jour dans d’autres régions. C’est un point positif que la réforme tarifaire commence à appliquer la péréquation pour toutes les régions. Actuellement, les régions ne sont pas en capacité d’attirer les investisseurs. Ce qui a pour conséquence de renforcer la centralisation économique et de creuser les inégalités économiques régionales.

Recueillis par Antsa R.

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