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mardi, mai 17, 2022
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Affaire Midongy Atsimo : Des gros bonnets derrière les crimes, dénoncent les natifs d’Ibara

La dernière attaque perpétrée par une centaine de “dahalo” survenue dans le district de Midongy du Sud, le jour de la pentecôte dernière, s’est soldée par la mort d’une vingtaine de personnes dont des éléments de forces de l’ordre. L’association des natifs des cinq régions composés des 13 districts originaires de la tribu Bara baptisée « Firaisankinan’ny terak’Ibara » ou FITIBA a décidé de sortir de son silence. Cette association vient récemment de procéder aux élections des membres de son bureau national. Reconduit à la présidence de l’association pour un mandat de trois ans, le député de Madagascar élu dans le district de Beroroha, le Commissaire Principal de Police Charlie Nankany, accompagné par ses cinq vice-présidents issus des cinq régions membres de l’association, ont rencontré la presse vendredi 28 mai à Ampefiloha, pour apporter leurs points de vue sur cette sombre affaire de banditisme. Une occasion pour les leaders du FITIBA d’étaler au grand jour les problèmes de leurs régions, dont les fonds cachés du vol de bovidés devenus chronique dans la partie Sud de la Grande île.

Dahalo au col blanc. Tous ceux qui ont pris la parole à cette rencontre avec la presse ont déclaré haut et fort que ces problèmes d’insécurité, notamment le vol de bovidés dans ces régions du Sud sont complexes. Parlant au nom de la région Anosy en tant que vice-président du FITIBA représentant de la localité, Solonavalona Paolo a crevé l’abcès en interpellant les dirigeants de ce pays sur la présence de “dahalo” au col blanc qui sont derrière cette affaire de Midongy du Sud. « Il est impossible que de simples malfaiteurs infortunés puissent rassembler une dizaine de personnes pour monter une razzia de grande envergure en un temps record », explique-t-il. D’après lui et suite aux expériences qu’il a vécues depuis des années en tant qu’administrateur civil et ayant écumé plusieurs postes en tant que tel, des personnes biens placées dans l’Administration, des élus ou des responsables nommés devraient être de mèche avec ces malfaiteurs. Ces bandits sont organisés et bien équipés en armes, dont l’origine relève sûrement d’un approvisionnement par des grands bonnets ayant accès aux rouages de l’administration du pays, martèle-t-il. Beaucoup parlent d’un défi lancé  aux forces de l’ordre, voire même à l’Etat car les dahalo ont surgi juste après l’inauguration du camp de la Base opérationnelle avancée de l’armée à Iakora, où le président de la République a réitéré sa détermination de lutter contre l’insécurité à travers l’île. « Cette affaire de Midongy rappelle celle du dénommé Remenabila qui avait fait parler de lui durant la période de la Transition », souligne cet administrateur civil. A cette époque, la bande à cet homme a terrorisé le Sud et le Sud-Est de l’île ; des centaines de bovidés ont été volés, et des villages ravagés et brûlés par ces gangs ; des innocents ont été tués. Le vice-président de la FITIBA s’interroge alors sur la destination des centaines de zébus volés dans ces attaques. « Volés, ces bœufs ont disparu parce que des personnes ayant accès aux réseaux mafieux dans le commerce et dans l’exportation de bovins sont impliquées dans cette affaire », conclut-il tout en soulignant l’existence de personnes ayant le bras longs dans ce genre d’affaires. Ces derniers qui sont le plus souvent à l’origine de remous et de rivalités sans merci au sein de la société. Infiltrées dans le rouage de la gestion de l’Etat, ces organisations mafieuses arrivent le plus souvent à libérer des criminels avérés. Evidemment, l’impunité règne dans la société. Ce n’est pas étonnant que l’esprit de vengeance s’installe. A ce sujet, la FITIBA appelle les autorités compétentes, notamment le président de la République, à observer de près le cas de ces régions, mais elle  félicite tout de même les efforts déployés par l’Etat à l’heure actuelle pour traquer les dahalo qui ont sévi à Midongy du Sud la dernière fois. Par ailleurs, les conférenciers du vendredi souhaitent que les éléments des forces de l’ordre opérant sur le terrain ne touchent que les véritables criminels.

T.M.

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