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samedi 24 septembre 2022
DomicileSociétéEnseignement supérieur : Fort taux d’échec en 1ère année

Enseignement supérieur : Fort taux d’échec en 1ère année

Peu d’étudiants inscrits en première année peuvent terminer leur cursus universitaire dans les temps.

Si le nombre des inscriptions en première année de l’enseignement supérieur est très élevé à Madagascar, celui des étudiants qui terminent leurs études ne suit pas la même tendance. L’échec commence à la fin de la première année.

 « L’échec en 1ère année ne date pas d’hier. Je me souviens du temps où j’étais encore à la faculté. Nous étions plus de six cent étudiants inscrits en première année. Nous n’étions même pas trois cent admis pour le niveau suivant ». Témoignage d’un enseignant-chercheur qui a préféré taire son nom, et qui est encore d’actualité en 2022. En effet, plus de la moitié des étudiants inscrits dans une mention ou une filière ne parviendraient pas à réussir leurs examens de passage en première année. Les cas observés auprès des facultés de médecine du pays où très peu d’étudiants arrivent à être admis en seconde année d’enseignement supérieur en est une parfaite manifestation. Un document signé programme Sésame avance un taux d’échec en première année d’études de « 60% ». Interrogé sur les éventuelles causes d’une telle situation, notre source avance les problématiques liées à l’orientation scolaire. « L’orientation doit commencer dès le lycée. L’orientation scolaire fait défaut dans le pays » tonne notre source. Pour notre source, les inscriptions multiples en première année observées dans les universités malgaches en seraient de parfaites manifestations.

Fond. Outre l’orientation scolaire, les problématiques liées à l’insuffisance d’enseignants-chercheurs et de chercheurs-enseignants s’ajouteraient à la longue liste des causes du fort taux d’échec en première année. « Le manque d’enseignants n’est plus à démontrer. Cette situation fait que le nombre d’étudiants bénéficiant d’encadrement soit limité. La loi limite d’ailleurs le nombre d’étudiants que les enseignants peuvent encadrer », explique Lily (nom d’emprunt), une autre enseignante-chercheur. Profitant de l’occasion, cette dernière d’interpeller sur « les problématiques d’infrastructures et de formation des enseignants ». Pour Lily, le fort taux d’échec en première année d’études démontre un « système éducatif inadapté ». « On offre aux candidats la possibilité de passer les examens du baccalauréat en langue malgache alors que le français est la langue d’enseignement supérieur », nous confie-t-elle. Avant de noter que la problématique va plus loin, notamment, sur la compétence linguistique des étudiants aussi bien durant leur cursus universitaire que lorsqu’ils seront lâchés dans le monde professionnel. « Les langues sont essentielles pour pouvoir pénétrer le marché du travail ». Toujours dans le registre d’un système éducatif inadapté, Nary quant à lui interpelle sur l’inadéquation des séries du baccalauréat. « Les seules séries qui conviennent à Madagascar sont la série S et la série L. Ce qu’il faut juste faire, c’est améliorer les curricula de sorte qu’ils répondent aux besoins des Malgaches et du contexte socio-économique du pays », rajoute-t-il. Avant de conclure que « les universités malgaches ne se sont pas encore préparées aux séries OSE. Imaginez les conséquences que cela pourrait provoquer dans le futur ». Comme les solutions se trouvent elles-même dans les problématiques, une meilleure politique d’orientation scolaire, une bonne politique d’enseignement supérieur ainsi qu’une meilleure politique de l’éducation de base pourraient être des pistes intéressantes si l’on « veut » changer la donne.

José Belalahy

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