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mardi, mai 17, 2022
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Président du GEM Thierry Rajaona : « Des milliers d’entreprises sont victimes de harcèlement fiscal »

« Le cas échéant, nous allons porter l’affaire au niveau du Conseil d’État », dixit Thierry Rajaona, le président du GEM. (Photom Princy)

Le Groupement des Entreprises de Madagascar ou GEM réclame une rencontre avec le ministre de l’Économie et des Finances pour régler ce problème de redressement fiscal.

La Direction générale des Impôts a effectué un redressement fiscal pour 10 000 entreprises. Le président du GEM (Groupement des Entreprises Franches), Thierry Rajaona, hausse le ton face à cette situation. « Celles-ci sont victimes de harcèlement fiscal. En effet, la valeur des impôts et taxes redressée est inimaginable puisqu’elle s’élève à des milliards et des milliards. Pour le cas de la zone franche en particulier, qui compte 150 entreprises, elle a subi un redressement fiscal portant une valeur de près de 350 milliards d’ariary. Cela risque de provoquer une crise cardiaque pour un simple individu », a-t-il révélé lors d’une rencontre avec la presse, hier à son siège à Ambohijatovo. Et lui d’ajouter que la majorité des entreprises membres de son groupement ont reçu une notification fiscale vers la mi-décembre 2021, même celles opérant dans le secteur du tourisme alors que ces opérateurs n’ont enregistré aucune recette en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 depuis 2020.

Conseil d’État. « La Direction générale des Impôts a bien le droit de faire un contrôle fiscal mais l’on se demande pourquoi ne pas le commencer dès le début de l’année au lieu de se précipiter tout d’un coup au mois de décembre. En plus, ce contrôle fiscal est basé en totalité sur des pièces. Il n’y a eu aucune enquête de fond pour la comparaison des chiffres au niveau de chaque entreprise notifiée. Et selon le Code Général des Impôts, il appartient à l’État et non pas aux contribuables d’apporter des justifications de ce redressement fiscal. Ainsi, à notre avis, c’est tout à fait déraisonnable. À titre d’illustration, une entreprise a présenté, entre autres, un chiffre d’affaires s’élevant à 1 milliard Ar dans son état financier. Dans son compte bancaire, ses flux financiers se chiffrent à 3 milliards Ar. La Direction générale des Impôts a ainsi conclu que cette entreprise subit un redressement fiscal de l’ordre de 2 milliards Ar. C’est complètement absurde », d’après toujours les explications de Thierry Rajaona, le président du GEM. Face à cet état de fait, « nous allons demander une rencontre avec le ministre de l’Économie et des Finances en vue de régler ce problème de redressement fiscal. Le cas échéant, nous allons porter l’affaire au niveau du Conseil d’État », a-t-il enchaîné.

Corruption. Parlant de l’environnement et du climat des affaires dans le pays, il a avancé que Madagascar affiche une mauvaise performance. « L’insuffisance de l’électricité suite au problème récent touchant la Jirama, sans compter les délestages fréquents, a entraîné une charge supplémentaire de l’ordre de 10% pour les entreprises, car celles-ci ont dû recourir à l’utilisation des groupes électrogènes pour faire fonctionner leurs usines. Leur rentabilité a ainsi connu une baisse conséquente. Il en est de même pour le problème d’accès à l’eau qui est également indispensable pour certaines entreprises. Une entreprise a été obligée d’acheter de l’eau à raison d’un milliard d’ariary par mois à cause du problème d’approvisionnement de la Jirama. La réhabilitation des Routes nationales comme la RN2 et la RN7 s’impose également, et ce, d’une manière durable. Ce n’est pas tout, les entreprises surtout les MPTE (Micros, Petites et Moyennes Entreprises) éprouvent encore des difficultés à accéder au financement à taux raisonnable. La recrudescence de la corruption surtout au niveau de la Douane, des Impôts et de la Justice, a également des impacts sur l’économie nationale.  Des actions concrètes visant à lutter contre ce phénomène s’imposent au-delà des simples discours. Au niveau du GEM, une commission de Développement Durable et d’Éthique des Affaires a été mise en place en vue de labelliser les entreprises qui ont une éthique, en collaboration avec le Conseil Supérieur de l’Intégrité », a-t-il fait savoir.

Volonté politique. Quant à la hausse généralisée des prix des produits de première nécessité, le président du GEM a souligné qu’il faut plutôt prioriser l’augmentation de la production locale surtout de riz au lieu d’importer davantage. En effet, « le gap annuel s’élève à environ 10% de cette production. Il suffit de soutenir les producteurs pour pouvoir le combler. La réhabilitation des routes s’avère aussi primordiale dans les zones dites greniers à riz de Madagascar comme Alaotra, Bealanana et la plaine d’Ikalamavony. Une volonté politique s’impose face au lobby des commerçants qui empêchent la fluidité de l’écoulement des productions locales », a conclu Thierry Rajaona.

Navalona R.

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