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samedi 24 septembre 2022
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Élections auprès des universités publiques : Les enseignants supérieurs dénoncent une « immixtion politique »

La base juridique qui va régir les élections auprès des universités publiques de Madagascar est sortie quelques jours (quatre) avant le début desdites élections. Le retour des enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants ne s’est pas fait attendre. 

« Pourquoi sortir les règles du jeu à la dernière minute si ce n’est dans l’objectif de déstabiliser le jeu en question ? ». Propos d’un enseignant-chercheur qui a préféré taire son nom face à la sortie du décret 2022-279 hier modifiant et complétant certaines dispositions du décret 2002-565 du 4 juillet et ses textes modificatifs fixant l’organisation et le fonctionnement des Universités et des Établissements de l’enseignement supérieur. Un décret dont les dispositions posent les bases juridiques qui devraient régir les élections universitaires fixées, reportées, pour la période du 8 mars au 8 avril prochain. L’ancienne échéance aurait dû avoir lieu entre le 8 janvier et le 10 mars selon notre source. Profitant de l’entretien, notre source a dénoncé « un certain penchant à l’unilatéralité du ministère ». « Aucune assemblée générale n’a été faite pour permettre la consultation des enseignants-chercheurs afin de mettre en place la loi 2021-028. La même loi qui a été rejetée par la Haute Cour Constitutionnelle. Avec ce décret, la même méthode a été adoptée », s’est-elle offusquée. Avant de renchérir que « les principaux concernés ont découvert le décret en même temps que le commun des mortels. Mais ils ont surtout découvert que le décret a été taillé de telle sorte que des têtes tombent ». À en croire notre interlocuteur, le décret serait « un moyen permettant à l’administration de mettre des bâtons dans les roues de certains candidats potentiels ». « De qui a-t-on peur justement ? », s’est demandée notre source. 

Flou. Notre source enchaîne en avançant que « la note explicative sortie par le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur vient en contradiction avec le décret déjà signé par la primature ». Avant de prendre l’exemple de l’article 26 du décret 2022-2179 : « cet article est déjà assez clair dans ce décret sur les cinq ans d’ancienneté dans le corps des enseignants-chercheurs des candidats à la présidence des universités publiques. La note explicative vient ensuite rajouter qu’il faut trois ans d’ancienneté en tant que maître de conférence. Cela élimine de facto des candidats dans les universités de Fianarantsoa, Toliara, Antsiranana et Toamasina ». Outre cet article, les enseignants supérieurs dénoncent également la suppression des procurations prônées par la note. « Cela est douteux. Les enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants doivent pouvoir voyager pour donner des cours et des conférences ou encore des colloques aussi bien au niveau national qu’à l’étranger. Le fait d’être absent pour obligation de service dans une autre région va donc conduire à la suppression de son droit de vote si l’on s’en tient à la note du ministère », renchérit notre source. Les constats avancés par cette dernière suggéreraient « une menace à la paix sociale, pourtant si fragile, dans les universités publiques de la Grande île ».

Recueillis par José Belalahy  

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