- Publicité -
samedi 4 février 2023
DomicileSociétéUniversité d’Antananarivo : Victime de la lenteur administrative

Université d’Antananarivo : Victime de la lenteur administrative

Manifestation des étudiants de l’Ecole normale supérieure Ampefiloha, hier.

S’il y a une chose que le pouvoir actuel voudrait éviter à tout prix, ce sont les manifestations des étudiants et des membres du personnel administratif et technique des universités publiques. Entre ce que le pouvoir veut et ce qu’il fait en réalité, c’est encore un autre débat.

L’Université d’Antananarivo est, depuis quelques jours, secouée par diverses manifestations. Prenant l’exemple de la manifestation des membres du personnel administratif et technique de cet établissement d’enseignement supérieur, Rakoto (nom d’emprunt), un agent administratif, avance que c’était prévisible. Ce, dans la mesure où, selon notre source, « les procédures administratives relatives au paiement des indemnités de technicité de ces agents de l’université ont constitué un certain blocage de la part de l’Administration ». D’après Rakoto, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, via une lettre de demande d’autorisation d’engagement en date du 23 décembre 2021 adressée au président de la République et au Premier ministre, aurait demandé « l’autorisation d’engagement pour le paiement des indemnités de technicité pour le compte des mois de novembre et décembre 2021 du PAT de l’Université d’Antananarivo ». « La lettre a reçu la validation du président de la République et du Premier ministre vers le mois de décembre 2021. Mais elle n’a finalement été renvoyée auprès du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique que vers le début du mois de mars 2022. Et ensuite, on s’étonne que les personnes qui devaient bénéficier de leurs indemnités manifestent », peste notre source.

Malsain. La suite administrative du paiement desdites indemnités (demande de transfert effectuée par le Mesupres et adressée au ministère de l’Economie et des Finances) aurait ensuite été retardée (volontaire ou non c’est selon), si l’on s’en tient toujours à notre source. Les divers changements apportés par la mise en œuvre du programme de digitalisation financière auprès de l’Administration s’ajouteraient à cette lenteur administrative. Les soucis communiqués par le ministère en charge du Développement numérique concernant le paiement des salaires du personnel administratif et technique de l’Université d’Antananarivo constituent les imperfections de la digitalisation financière imposée à l’Administration publique actuellement. D’autres soucis ont été observés dans le processus de paiement des bourses d’études pour les étudiants. Les diverses manifestations nées des retards de paiement en sont les conséquences. D’ailleurs, les étudiants de l’Ecole normale supérieure d’Ampefiloha sont descendus dans la rue pour réclamer leurs allocations, hier. Situation pourtant évitable d’après Rakoto. « À mon avis, comme tout le système relatif à la digitalisation n’est pas encore bien ficelé, l’Administration aurait dû procéder petit à petit suivant une échéance bien définie. Ils se sont trop empressés de mettre en œuvre ce projet. Et voilà, on a eu droit aux manifestations estudiantines à cause des retard de paiement de leurs allocations », nous a-t-il confié.

Cibles. Les dirigeants des universités de la Grande île veulent tout sauf des manifestations aussi bien estudiantines que des membres du personnel administratif et technique. Non seulement ces manifestations sont difficiles à gérer mais elles ternissent l’image même de ces établissements qui sont les berceaux par excellence du savoir. À qui profitent les récentes manifestations organisées à l’Université d’Antananarivo ? Une question que beaucoup d’observateurs se posent dans un contexte social où il n’y a ni trouble ni paix. Une question également légitime dans un contexte universitaire d’élections majeures. En effet, les établissements universitaires publics du pays sont actuellement en pleine période électorale pour élire leurs têtes dirigeantes. Une période de tous les dangers et durant laquelle tout est permis, du moment que l’acte ternisse l’image de la cible. En fomentant de tels troubles dans le domaine de l’enseignement supérieur, ce n’est pas seulement aux dirigeants des universités que certains « cerveaux » s’attaquent mais aussi au pouvoir qui est submergé par les diverses problématiques sociales, politiques et économiques actuelles.

José Belalahy

- Publicité -
Suivez nous
311,259FansAimer
1,754AbonnéesSuivre
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UNE RÉPONSE

Veuillez saisir votre commentaire !
Veuillez entrer votre nom ici