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samedi, mai 28, 2022
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Littérature orale : L’angano s’efface dans les mémoires

Paul Jaoravoana alias Paul Congo, le conteur réputé dans la partie septentrionale de l’île

Autrefois, les contes étaient un moyen efficace pour faire passer un message aux enfants. En Afrique en général, et Madagascar en particulier, ils se transmettent de grands-parents à petits-fils. Ainsi, le soir, le patriarche rassemble les bambins du village pour raconter des angano. Ceux-ci  s’assoient par terre sur des nattes en demi-cercle face au conteur de façon à ce qu’il puisse voir et être vu de tous. 

Après avoir écouté le vieillard, les enfants reçoivent des leçons et grandissent tout en se référant au rôle de leurs personnages préférés. Par ailleurs, les angano constituent un moyen d’éduquer et surtout de transmettre des connaissances aux jeunes nubiles tout en les divertissant. 

Le conte fait partie du patrimoine oral de l’humanité. Il se transmet  de génération en génération par la parole et rapporte à l’imaginaire collectif, à travers lequel se véhiculent les savoirs, les valeurs culturelles, voire la civilisation d’un pays. Cette littérature orale malgache regroupe également  les devinettes, les formules divinatoires, les maximes et dictons, les louanges, et enfin les plus connus, les contes, les fables, les épopées, les proverbes, les chants, et les mythes.

Dans la région des Hautes Terres Centrales, l’arrivée des missionnaires britanniques a marqué un changement…la littérature malgache change de visage… Durant la colonisation, imbibée par l’éducation française de « seconde zone », les élites malgaches découvrent une autre civilisation. Les contes français sont inculqués dans leurs esprits. Façonnée par la culture occidentale, une partie de la couche sociale malgache s’identifie à des figurines européennes. Néanmoins, certains ont su fusionner les deux civilisations en écrivant des histoires à mi-chemin entre l’occident et celles de la Grande île.

Actuellement inondés par les anganom-bazaha, les contes  étrangers et les films, les jeunes ont tendance à oublier la littérature orale d’autrefois. Dès lors, des associations ne cachent par leur inquiétude et usent de tous les moyens pour conserver le patrimoine immatériel malgache qui s’effrite peu à peu dans le cœur de la jeunesse. Alors, des émissions sont organisées afin que les enfants puissent revivre la sensation de leurs aînés ! 

Recueillis par Iss Heridiny 

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