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samedi 2 juillet 2022
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Andry Rajoelina : « Les recrutements dans la fonction publique se font par voie de concours »

Pour nous qui n’avons pas de connaissances dans l’administration, comment allons-nous faire pour devenir fonctionnaires ?

Président de la République : Beaucoup de gens tiennent ces propos. Nous avons toujours fait en sorte de changer la mentalité afin que les gens ne pensent plus que pour devenir fonctionnaire il faut connaître quelqu’un. La lutte contre la corruption fait partie de nos défis, surtout concernant le recrutement dans la fonction publique qui doit passer par voie de concours. C’est le cas pour les administrateurs publics et l’ENAM. On sait depuis longtemps que la corruption dominait, c’est également le cas pour l’abus de pouvoir dans le recrutement des fonctionnaires.

Aujourd’hui, on constate que beaucoup d’efforts ont déjà été réalisés pour avoir des concours de recrutement de fonctionnaires propres et sans corruption. On a pris comme priorité l’organisation de concours dans trois domaines à part l’administration civile et la justice. Il s’agit de l’éducation, de la santé et de la sécurité, c’est-à-dire la gendarmerie, la police nationale et l’armée. Des efforts particuliers ont été par exemple réalisés pour l’éducation. Si en 2019, 4.000 maîtres FRAM et des enseignants autorisés à enseigner ont été recrutés, en 2021, ce nombre s’élevait à 17.500 et notre objectif est d’encore augmenter ce nombre pour avoir 31.500 personnes entre 2019 et 2022. 

Ainsi, pour cette question, c’est par voie de concours seulement qu’on peut devenir fonctionnaire. Et ceux qui s’intéressent à ce sujet devraient suivre les appels à concours et on encourage les personnes à y participer. Et s’ils constatent des cas de corruption, ils peuvent toujours déposer leurs doléances au niveau de la Présidence pour éviter ce problème. 

Joël Saralesa : Qu’est ce qui empêche l’Etat de collaborer avec le secteur privé pour la création d’entreprises surtout concernant l’agriculture et l’élevage ?

Nous avons mis en place deux choses : premièrement, nous devons mettre en place l’industrialisation de Madagascar, parce que cela contribue à la création d’emplois. Nous allons rencontrer bientôt, après notre première rencontre, le secteur privé pour mettre en place la stratégie pour la création des usines dans toutes les régions, à Antananarivo et même dans tout Madagascar. On va mettre en place des mesures incitatives pour que les investisseurs investissent davantage  à Madagascar.  Nous allons ainsi, bientôt, mettre en place un cadre légal, dans quelques semaines, parce que je suis convaincu que le secteur privé contribue beaucoup à la création d’emplois. 

Elle a aussi parlé de l’agriculture. Il y a une semaine, vous m’avez vu au FOFIFA et j’ai annoncé qu’il fallait mettre en place des stratégies et prioriser avant la célébration du retour de l’indépendance, l’organisation de la conférence nationale pour l’autosuffisance alimentaire. On ne peut pas oublier que 80% des Malagasy sont des paysans, ainsi, c’est au niveau de cette conférence nationale que nous allons chercher,  premièrement, un moyen d´octroyer des terrains aux paysans. Deuxièmement, la manière d’octroyer des terrains aux  investisseurs, pour maximiser l’exploitation des terrains. Mais surtout, comment faire pour que les paysans puissent augmenter leur rendement. La réalité est que, le rendement des paysans est de 4t par hectare. L’objectif est d’augmenter jusqu’à  8ha la surface de terrain exploitée pour accroître la production et améliorer le niveau de vie de ces paysans. 

Lanto Tiana Ramahandry, Assitante académique. Quelle est vraiment la priorité de l’Etat ? On dit que l’Etat vient de toucher d’énormes sommes d’argent, j’aimerais savoir s’il s’agit d’une dette. Est-ce que les futures générations devront alors les payer ?

Président de la République: Cette personne parle probablement des aides et des sommes que nous avons reçues de la part de la Banque  mondiale et du FMI. Le développement est notre priorité, donc tout est prioritaire. Nous tablons à rattraper le retard de développement de Madagascar.  Ainsi, il y a urgence pour le redressement du pays. Il y a donc des projets à court terme et à long terme qu’il faut réaliser. 

Ce que l’Etat ambitionne maintenant c’est de mettre en place la présence de l’Etat, c’est-à-dire l’existence de l’Etat à travers les infrastructures dont la population a besoin, proches de la population et demandées par la population. Il s’agit d’abord de l’éducation. Les écoles restent insuffisantes. Beaucoup d’enfants sont obligés d’étudier par terre. J’ai toujours dit qu’étudier avec des livres est difficile, donc comment le faire sans livres ? C’est pourquoi nous avons mis en place des EPP, des CEG et des lycées dans tout Madagascar. Dans tous les districts de Madagascar, on a construit des écoles, c’est donc une priorité. On a déposé des livres, les premiers dictionnaires – malgache-malgache et malgache-français-,  dans toutes les EPP. Il y a également des livres pour ceux qui préparent les examens. Tout est gratuit. On les a également équipés. Partout où vous vous trouvez à Madagascar, vous aurez l’occasion de voir les enfants vêtus de tabliers, portant des cartables, mais également des sandales, fruits de cette initiative. 

Deuxièmement, à l’Université. Beaucoup de nos jeunes ne sont pas reçus à l’université. Le nombre de bacheliers est de 60.000 par an. En revanche, la capacité d’accueil des Universités est seulement de 20.000. C’est pourquoi nous avons pris comme priorité la construction des universités. Nous avons donc construit un bon nombre d’universités partout à Madagascar. Certaines sont déjà totalement finies et d’autres sont encore en cours de construction. 

Dans les 119 districts, seulement 42 ont des tribunaux depuis l’Indépendance. C’est ainsi que nous devons rattraper le retard. On ne peut pas s’imaginer que Ste Marie n’ait eu de tribunal jusqu’à ce régime. On a donc mis en place des tribunaux à Ste Marie, Sambava, Beroroha, Mahanoro, Ambilobe, Ambatofinandrahana, Behalalana et Befandriana Nord. C’est ce que nous appelons la présence de l’Etat. La construction des infrastructures et les routes en font partie. Il y a quelques mois, nous avons déposé la première pierre pour la route reliant Soanieran’Ivongo et Mananara. La RN5 A, Ambilobe-Vohemar, c’est ce que nous avons réalisé. Pour Ambanja-Diego, nous venons juste de déposer la première pierre. 

La santé fait aussi partie de nos priorités. Le premier hôpital construit à Antananarivo est celui de Soavinandriana construit par la Reine Ranavalona en 1890. Puis, les Français ont agrandi l’hôpital durant la colonisation. Le deuxième hôpital est donc l’HJRA, construit en 1965. Je ne veux pas faire des comparaisons, mais je veux mettre en avant ce que nous avons réalisé. En trois ans et demi, nous avons pu construire 13 hôpitaux. Parmi ces 13 hôpitaux il y a l’hôpital d’Ankilizato, de Maintirano. 15 nouveaux hôpitaux seront en construction,  28 hôpitaux seront donc réalisés en 5 ans. 

Pour la deuxième question. Elle a demandé s’il s’agit d’une dette.  Quand on parle d’investissement, il y a les aides budgétaires, venant du FMI ou de la Banque mondiale, elles sont non remboursables. Pour ces sommes que nous avons signées, une bonne partie sont des dons. Je fais des efforts pour que Madagascar ne s’endette pas trop, mais je demande des aides et grâce à la confiance que les bailleurs de fonds ont en nous, ils nous octroient des aides. L’aide la plus conséquente que Madagascar ait enregistré, a été acquise durant ce régime, 1 450 000 000 de dollars : les sommes que nous avons signées à Washington lors de mon dernier déplacement. Une partie est un don et l’autre est une dette. Je vous donne un exemple, lors de la crise de Coronavirus, on nous a donné 100 000 000 de dollars pour la campagne de vaccination. La Banque mondiale a indiqué que la moitié fait partie de la dette tandis que la moitié est un don. Grâce à notre persuasion, notre savoir-faire et leur confiance, les 100 000 000 de dollars ont finalement été constitués en don. 495 000 000 de dollars, c’est le montant des dons de l’USAID pour les projets que nous réalisons dans le Sud. Ces sommes que nous avons reçues ne sont pas toutes des dettes, mais une partie correspond à des dons tandis qu’une autre est constituée par des dettes que nous devrons apurer durant environ 25 ans.

Recueillis par Julien R.

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