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vendredi 19 août 2022
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DomicileEconomieSecteur pétrolier : Tsimiroro, la source de la discorde

Secteur pétrolier : Tsimiroro, la source de la discorde

Tsimiroro est un important gisement pétrolier appartenant au bassin onshore de Morondava, situé à 208 km de Maintirano. Même si le site est accessible par voie terrestre, la route y est impraticable, surtout en saison des pluies. Même les motos mettent 9 heures pour rejoindre Tsimiroro depuis Maintirano, tandis que les 4X4 mettent 12 heures. 20% des 1,7 milliard de barils d’huile lourde se trouvent dans la région de Melaky et le reste dans la région de Menabe.

Vue partielle du site d’exploration de l’huile lourde à Tsimiroro.

Depuis des décennies, le peuple malgache est au courant de l’existence de l’huile lourde, en grande quantité, aux environs du site de Tsimiroro et de celui de Bemolanga où les schistes bitumineux peuvent fournir du goudron et du carburant en abondance. Jusqu’à aujourd’hui, ces deux sites font l’objet de décisions politiques qui tiennent en haleine les potentiels bénéficiaires. Les présidents se sont succédés mais aucun n’a eu la volonté d’exploiter et de commercialiser ces gigantesques gisements.

Historique.

Les géants pétroliers EXXON et British Petroleum (BP) se sont relayés à la recherche d’huile lourde dans la région de Melaky et de Menabe. Ils y ont trouvé ce qu’ils recherchaient et voulaient collaborer avec les gouvernements successifs. Cependant, après plusieurs tentatives infructueuses, ils ont plié bagages. C’est en 2008 que Madagascar Oil S.A (MOSA), qui est une société de droit malgache concentrant son activité sur le développement, l’exploration et la production de pétrole, a vu le jour. En 2016, le président Hery Rajaonarimampianina a visité le site de Tsimiroro. Quelques mois après, le projet de lancement du terminal pétrolier au port de Maintirano a été lancé. L’Etat malgache était représenté par Henry Rabary-Njaka, ministre des Mines et du Pétrole ; Jacques Ulrich Andriantiana, ministre des Travaux Publics et des Infrastructures ; Ralava Beboarimisa ministre, des Transports et de la Météorologie et Lantoniaina Rasoloelison, ministre de l’Energie et des Hydrocarbures. Russell J.Kelly est Administrateur général de la société. Ce projet consiste en l’extension du port de Maintirano pour faciliter le transport des produits et à construire une cité de logement pour le personnel de MOSA affrété à cette mission. Dama, le leader du groupe Mahaleo, était présent lui aussi.

Des camions de marque sterling en attente de la prochaine livraison.

Tests concluants

En 2016, l’American Symbion power qui opère dans la centrale de Mandroseza, avait réussi à produire de l’énergie en continu sur plus de 18 heures en utilisant cette huile lourde. On a également fait le même test à la cimenterie HOLCIM et le résultat était le même : des tests concluants. Le 11 juillet 2021, le Gouverneur de la région Melaky Ratsitohara Patrick Nerarivony et son équipe ont acheminé de l’huile lourde à Mandroseza en vue d’un test qui était plutôt concluant puisque les usagers n’ont pu constater aucune différence entre l’énergie fournie par le gas-oil utilisé habituellement et l’huile lourde mélangée. Mieux, d’après les techniciens de MOSA, l’huile lourde de Tsimiroro dispose d’une faible teneur en soufre, évaluée à 0,3, et d’un faible taux de cendre qui minimise la génération de fumée. En 2017, MOSA a soumissionné à l’appel d’offres lancé par la JIRAMA mais cette dernière n’a pas respecté les clauses du contrat et préfère utiliser du gasoil importé par des compagnies pétrolières. Mais des sociétés comme la STAR et le groupe FILATEX, qui ont constaté la qualité et la rentabilité de cette huile, source d’énergie nouvelle, ont décidé d’opter pour l’huile lourde de Tsimiroro pour faire tourner leurs usines et n’ont rencontré aucun problème.

Manifold, collecteur.

Moment crucial

Dès lors, les observateurs se posent la question de savoir pourquoi la JIRAMA, qui devrait être la principale utilisatrice de cette huile lourde, s’abstient de le faire. Pourtant, tous les éléments sont réunis : moindre coût, moins polluant, plus efficace, etc. La balle est dans le camp des dirigeants qui devront prendre des décisions qui ne vont pas à l’encontre de l’intérêt du peuple. C’est maintenant le moment crucial de faire le choix, auquel cas ces opportunités risquent de tomber dans les mains des oligarques qui ont profité de cette attitude indécise de nos dirigeants pour se tailler la part du lion en imposant toutes sortes de conditions pour maximiser leurs profits. En effet, une autre question se pose : qui a eu le privilège d’acquérir l’appel d’offres lancé pour la construction d’une station de transfert à Tsiroanomandidy que seuls le président de la République, le Ministère de l’énergie et l’OMNIS sont habilités à donner l’autorisation ? Aujourd’hui MOSA est en phase de surproduction car 160 000 barils sont stockés à Tsimiroro et sa capacité de production journalière pourrait atteindre 50 000 barils /jour alors que les besoins de la JIRAMA, qui devrait être la principale acquéreuse, ne sont que de 4 000 barils/jour au maximum. Elle est donc obligée de chercher d’autres débouchés pour écouler ses produits et pour faire tourner l’usine normalement. A part le problème de surproduction, elle a un défi majeur à surmonter qu’est le problème de transport provoqué par le mauvais état des routes dans cette région du Melaky et de Bongolava.

Des pompes manuelles « Jack ».

RN1/bis.

En effet, le problème majeur qui freine la commercialisation de l’huile lourde est l’état piteux de la route RN1/bis alors qu’en 2008, une simple berline pouvait joindre sans difficulté Maintirano à partir de Tsiroanomandidy. Cette route n’a besoin que de quelques travaux de terrassements sur des points noirs car les ponts et les radiers sont encore en bon état. Un appel d’offres a été lancé pour réhabiliter cette route. Une société de travaux publics a déjà eu l’offre ; mais jusqu’à maintenant, rien n’a été fait ! La région Melaky sera capable de changer, de transformer l’avenir de notre pays. En effet, à part l’huile lourde, le pétrole, les schistes bitumineux, elle regorge de pierres précieuses de toute sorte, de terres fertiles, de cours d’eau, d’énormes espaces où l’on peut pratiquer l’élevage intensif, la mer est très poissonneuse, les sites touristiques attendent la visite des touristes nationaux et internationaux… Mais tant que la route n’est pas encore ouverte pour tous dans cette région, les actes de banditisme continueront d’y régner, d’autant plus que son enclavement profite aussi à des investisseurs malveillants.

Notre pays possède tous les atouts pour se mettre au rang des pays développés, mais tant que la politique prend le dessus sur l’économie et que les intérêts personnels passent avant l’intérêt général, nous serons toujours parmi les pays les plus pauvres. Notre dette, qui s’élève à environ à 4 Milliards d’US serait épurée en un rien de temps très court si nos dirigeants ont le courage d’exploiter, ne serait-ce que cette huile lourde de Tsimiroro qui ne demande qu’une volonté politique basée sur l’intérêt du peuple.

Nary Ravonjy (envoyé spécial)

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1 COMMENTAIRE

  1. Tant que les hommes politiques surtout le président le plus grand responsable , se remplissent les poches , le pays restera toujours un des plus pauvres . effectivement si toutes les richesses du pays étaient bien gérés pour Magagascar , et EXPLOITE par les professionnels de Madagascar le pays n’aurait plus aucune dette

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