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mercredi 17 août 2022
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Hausse des prix : Début d’un effet boule de neige, une forte inflation à craindre

La hausse du niveau général des prix est inévitable, suite à la forte hausse des prix des carburants.

Le niveau général des prix a toujours été très sensible aux variations des prix à la pompe. Hier, une hausse de 43,9% a été appliquée au prix du supercarburant et 44,1% à celui du gasoil. Il s’agit des plus fortes hausses officielles de l’histoire du pays.

5 900 Ar pour le litre de supercarburant SP95, 4 900 Ar pour le gasoil et 2 430 Ar pour le pétrole lampant. Ce sont les nouveaux prix affichés au niveau des stations-service des grandes villes, depuis hier. À Antananarivo, certaines stations-service ont encore maintenu les anciens prix hier, et ont rapidement épuisé leurs stocks. Par contre, dans certaines régions, les nouveaux prix sont majorés de plusieurs dizaines d’ariary par litre. Lors d’une conférence de presse organisée au Ministère de l’Energie et des Hydrocarbures (MEH) à Ampandrianomby, le DG de l’OMH Olivier Jean-Baptiste a expliqué que ces nouveaux tarifs sont des prix-ville applicables dans les zones de moins de 15 km des 20 dépôts pétroliers, outre le cas d’Antananarivo. « Des frais de transport excédentaires peuvent s’appliquer, suivant les zones concernées. C’est pourquoi, les prix sont plus élevés dans certaines régions », a-t-il indiqué. Pour sa part, le ministre de tutelle, Andry Ramaroson a soutenu que ces prix ont été définis, suite à une rude négociation avec les compagnies pétrolières, afin d’appliquer des prix que les consommateurs peuvent supporter.

Aucune garantie. La stabilité de ces nouveaux prix n’est pas certaine pour les mois et les années à venir, si l’on se réfère aux propos du ministre. « Il a été convenu que les compagnies pétrolières vont chercher de meilleures offres sur le marché international, pour réduire leurs coûts. Pour l’heure, les tarifs appliqués ne représentent pas encore les prix véritables du marché. Ils ont été définis suivant les possibilités des caisses de l’Etat et celles des compagnies pétrolières », a-t-il noté. Une manière pour le ministre d’affirmer que les carburants restent subventionnés. Questionné sur la vérité des prix, le montant des subventions allouées et les arriérés de l’Etat vis-à-vis des pétroliers, le ministre Andry Ramaroson a refusé de donner une réponse, bien que les journalistes aient insisté sur l’importance de la transparence. « Nous respectons la transparence, mais le peuple n’a pas besoin de ces détails sur les subventions et le passif vis-à-vis des pétroliers. Nous pourrons en reparler plus tard », a-t-il martelé. À noter que les compagnies pétrolières doivent également s’acquitter de certaines charges fiscales et douanières, si l’on ne cite que les DTI (Droits et taxes à l’importation). Jusqu’à aujourd’hui, les montants exacts de ce que les compagnies doivent à l’Etat ; et de ce que l’Etat doit aux compagnies restent inconnus. D’après nos sources, les arriérés de l’Etat sont beaucoup plus élevés. En ce qui concerne les prix véritables, le MEH a juste noté qu’ils sont supérieurs à 6 000 Ar. Une autre source auprès de la Jirama nous a confié que la société d’État paie 6 400 Ar par litre de gasoil. Ce montant serait-il le prix véritable du gasoil ? Le flou persiste.

Hyperinflation. Alors que le prix à la pompe du gasoil a augmenté de 44,1%, les frais de transport de personnes pour les zones nationales ont connu une hausse de 45% à 100%, suivant les destinations. Si l’on se réfère aux expériences du passé, le niveau général des prix à la consommation est très élastique, par rapport aux variations des prix à la pompe de carburant. Pourtant, les changements de tarifs appliqués hier représentent la plus forte hausse de prix à la pompe – depuis le retour de l’Indépendance de Madagascar – si l’on ne tient pas compte des ventes sur le marché noir durant les périodes de pénurie. Bref, les impacts de la hausse historique actuelle risquent également d’être sans précédent. Selon les économistes, ce choc pourrait conduire à une spirale hyper-inflationniste difficile à arrêter. En effet, si tous les agents économiques anticipent une envolée des prix des autres produits et services, ils adaptent leurs comportements en conséquence, ce qui intensifie davantage la hausse. Ce scénario s’est déjà produit en Allemagne en 1923, avec une inflation de 20% par jour, en Hongrie en 1946 avec 150% par jour, ou plus récemment au Zimbabwe en 2008 avec une hausse de prix de 100% par jour. Depuis hier, les responsables étatiques essaient de rassurer l’opinion, en soutenant que des mesures seront prises pour amortir le choc de la forte hausse des prix à la pompe. De leur côté, les consommateurs sont désormais contraints de réduire leur train de vie.

Antsa R.

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