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mercredi 10 août 2022
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Hausse des prix à la pompe : « L’accroissement de la production est impératif pour amortir le choc », selon Dr Vololona Rakotobe.

Il faut amortir le choc de la hausse des prix à la pompe, selon Dr Vololonirina Harisoa Rakotobe

Les impacts de la forte hausse des prix à la pompe pourraient être catastrophiques pour l’économie malgache et pour la qualité de vie de la population. Le docteur économiste Vololona Rakotobe nous apporte quelques éclaircissements. Interview exclusive.

Midi Madagasikara (MM). La hausse des prix à la pompe de carburant aura certainement des impacts sur l’économie. Selon vous, à quoi les entreprises et les ménages doivent-ils s’attendre dans les mois à venir ?

Dr Vololona Rakotobe (VR). Les produits pétroliers constituent un des facteurs de production, notamment dans les industries de transformation. Il existe ainsi une corrélation positive entre la hausse des prix des carburants et celle des coûts des produits finis. En outre, tous les secteurs institutionnels doivent s’attendre à une hausse progressive des coûts des transports au cours de second semestre. Aussi, la révision inévitable des prix des produits pétroliers sera mécaniquement conjuguée à une hausse générale du niveau des prix. 

Une hausse des prix à la pompe exerce aussi un effet direct sur le pouvoir d’achat ainsi que sur le revenu réel des ménages, en raison d’une allocation assez importante de leur revenu aux produits pétroliers, utilisés pour plusieurs fins, dont la plupart concerne les moyens de transport et l’éclairage. Compte tenu du fait que ces produits sont difficilement substituables pour les ménages, la demande pétrolière reste inélastique à court terme. A long terme, le renchérissement des prix de ces produits implique une contraction de la consommation pétrolière domestique. Ce qui va engager les ménages à restructurer leurs plans de dépense de consommation.

MM. Les économistes ont toujours soutenu l’application de la vérité des prix. En se référant aux prix de carburant, quels avantages pourrait-on espérer de cette forte hausse ?

VR. Pour le cas de Madagascar, la vérité des prix n’est pas encore atteinte malgré la hausse des prix. En effet, la vérité des prix doit continuellement dépendre de l’évolution du cours mondial du pétrole et de celle de la parité de l’Ariary par rapport au Dollar.  

Selon les libéraux, les subventions sur les prix à la consommation qui représentent de manière simplifiée l’écart entre le « Reference price » (prix véridique) et l’« Internal price » (prix ajusté) font troubler le jeu des agents privés sur un marché supposé concurrentiel en modifiant le niveau d’équilibre du marché vers un nouvel équilibre, où le consommateur est le seul acteur certain d’en bénéficier. En outre, dans le cadre microéconomique, ces subventions sont susceptibles de modifier le comportement économique des offreurs. Autrement dit, il se peut que les subventions à la consommation ne soient que le résultat de la recherche de rente des acteurs, particulièrement les offreurs.

Sur le plan macroéconomique, cette révision des prix doit néanmoins rehausser la protection des finances publiques, puisque les montants attribués afin de maintenir les prix à la pompe durant les 36 derniers mois sont trop pesants pour le budget de l’Etat. Selon nos calculs, ils seraient à plus de 50 millions USD.

MM.  L’augmentation des prix à la pompe avoisine les 43%. Les impacts sur les autres secteurs de l’économie seront-ils proportionnels à ce taux ?

VR. Les effets de la hausse des prix des produits pétroliers sur l’économie des pays importateurs de ces produits dépendent indubitablement de l’ampleur de la hausse. Certes, l’intensité de ces effets diffère d’une économie à une autre, en raison de la substituabilité des matières premières utilisées dans le pays, mais surtout en raison de la vulnérabilité de l’économie domestique vis-à-vis des approvisionnements pétroliers.

A l’exception des trois dernières années, Madagascar a fréquemment subi des révisions des prix des produits pétroliers, dont la plupart sont des hausses. Inéluctablement, ces hausses ont toujours été suivies d’une inflation. Malgré cela, il a été toujours observé que les niveaux des prix réagissent de manière moins élastique. En d’autres termes, le taux d’inflation associé à la conjoncture soit moins que proportionnel au taux de variation des prix à la pompe. Comme explication, bien que les produits pétroliers soient incompressibles à la consommation intermédiaire et finale, les contributions des autres facteurs dans le processus de production manufacturière ne sont pas à désapprendre. 

MM. Est-il possible d’absorber ce choc par des mesures d’accompagnement ?

VR. Généralement, un choc s’amortit après une courte durée, dont la périodicité est souvent trimestrielle. Ce qui laisse exprimer que dans le court terme, l’absorption d’un choc s’avère difficile. Dans le long terme, Madagascar doit impérativement augmenter son niveau de production réelle, qui doit à la fois garantir la stabilité macroéconomique et contribuer à contrecarrer les effets des chocs exogènes.

Recueillis par Antsa R.

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