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mercredi 10 août 2022
DomicilePolitiqueSynode national catholique : « Les dirigeants ne supportent pas les critiques »

Synode national catholique : « Les dirigeants ne supportent pas les critiques »

Des évêques catholiques lors de la messe à Antanimena, dimanche dernier

Pour une église synodale. C’est en ces termes que les évêques catholiques ont résumé leur conclave dans le cadre du synode sur la synodalité qui s’est tenu pendant quelques semaines à Ampefy. 

Une messe pour célébrer la fin du synode de l’Église catholique malgache s’est tenue, dimanche dernier, à Antanimena. Faute d’avoir pu faire étalage des douze pages entières de résolution accouchée à l’issue du synode, l’occasion a été saisie par les évêques de l’église romaine, en milieu des rituels, pour partager les grandes lignes des sujets qui ont préoccupé les participants au synode durant le conclave qui s’est tenu pendant plusieurs jours à Ampefy. Dimanche dernier, la lecture a été, en effet, laissée au soin du charismatique évêque auxiliaire du diocèse d’Antananarivo, monseigneur Jean Pascal Andriantsoavina, qui a passé en revue les lignes incisives de la résolution. « Il faut rester en communion avec la société, les autres groupements religieux, notamment les non-chrétiens ainsi qu’avec l’environnement » a, d’emblée, lancé cet évêque catholique.  « Cette communion, et grâce à notre fihavanana, nous le vivons déjà dans le pays malgré les imperfections », poursuit-il.

Transparence. Les « maux » qui minent alors l’Église catholique malgache, sont évoqués durant le synode, et ont été portés sur la place publique à Antanimena, même les sujets qui sont jugés tabous dans une organisation cultuelle. En effet, le « manque de transparence dans la gestion financière au sein de l’Eglise » est soulevé dimanche dernier. Les participants au synode n’ont pas hésité à afficher la couleur sur ce sujet qui est toujours évité, jusqu’ici, par les dirigeants de l’église. « L’absence de passation de service en bonne et due forme » accentue le problème au niveau des diocèses et des paroisses, estiment-ils. Vient ensuite « le retard de la nomination des évêques qui constitue un blocage à la gestion efficace du diocèse », a évoqué monseigneur Jean Pascal Andriantsoavina. Alors que « l’évêque est le premier responsable de la gestion du diocèse », rappelle-t-il dans sa lecture. « Les religieux et les laïcs » sont appelés à le soutenir dans cette mission, poursuit-il.  

Isolement. Les participants à ce synode à Ampefy reconnaissent également un « problème de leadership et de gouvernance pour certains dirigeants de l’église catholique ». Sur le plan pastoral, la « rareté des visites à domicile effectuées par les prêtres et les religieux dans certains lieux » est regrettée durant le synode. Cette situation attise un « sentiment d’exclusion » pour certains fidèles catholiques. « L’exclusion est fondée par la situation de classes, l’origine ethnique, le niveau d’instruction » a lu l’évêque auxiliaire du diocèse d’Antananarivo.  L’ « éloignement géographique » peut isoler également certaines paroisses par rapport au diocèse, soulèvent les participants au synode. Ils mettent aussi en exergue le « manque de solidarité, et l’indifférence entre les dirigeants d’un diocèse, entre les évêques et les prêtres, entre les prêtres et les religieux ».  

Critique. La résolution du synode catholique à Ampefy aborde également le front politique. « Certains dirigeants du pays ne supportent pas les critiques même si on évoque la réalité », martèle la déclaration lue par monseigneur Jean Pascal Andriantsoavina. L’Église catholique est, d’ailleurs, habituée aux interpellations incisives à l’endroit des dirigeants du pays. L’insécurité est dénoncée par l’Église et le manque d’efficacité des moyens déployés par l’Etat pour faire reculer les statistiques sur le banditisme surtout en milieu rural est critiqué par les évêques. La dernière conférence des évêques de Madagascar, de novembre 2021, a attiré l’attention dans ce sens. Par ailleurs, les attitudes de certains fidèles ont été également scrutées lors du synode.   « Certains pensent être propriétaire, de l´Église parce que leurs aïeuls ont fait don de leur terrain au bénéfice de l’édifice religieux, tandis que d’autres prennent la responsabilité au niveau de l’église pour des raisons d’intérêts particuliers », dénoncent alors la résolution lue dimanche dernier. 

Syncrétisme. L’issue du conclave a accouché de deux pages entières de résolution qui vont être lues dans chaque paroisse, a souligné l’évêque auxiliaire du diocèse d’Antananarivo. Néanmoins, des pistes de « recommandations » ont déjà été lancées en public dimanche dernier. La « formation en leadership des dirigeants, notamment les évêques, les prêtres, les séminaristes, est nécessaire au sein de l’Église catholique malgache », estime alors les participants au conclave d’Ampefy. Ils sont également convaincus de la nécessité de mettre l’accent sur l’éducation civique des fidèles et la promotion de la pastorale de proximité. Ils défendent, à cet effet, le développement d’un « plan de gestion commun  et la réactualisation de la formation des prêtres ». Le syncrétisme religieux reste un objectif pour l’Ecar qui fait face à l’expansion des autres courants religieux.  

Rija R. 

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