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lundi 26 septembre 2022
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Chronique de Mickey : Incendie d’Ambohijatovo

L’envers et l’endroit d’un marché symbole du vintage culturel

Une partie du marché du livre d’Ambohijatovo a été dévorée par le feu et réduite en cendres vendredi dernier. Il existait parce que les porte monnaies étaient minces et il dépannait les sans argent car on y achetait et vendait tout pour peu qu’on soit moins regardant sur le prix. Les dommages à déclarer sont complexes parce que les vendeurs, eux-mêmes, ne le savent pas. Il est sans conteste que là où il y a à lire est un lieu de culture. Mais à Madagascar les règles ne sont jamais droites. Pour beaucoup, les bouquinistes étaient présents, parce que les prix des livres neufs sont hors de portée de la bourse de ceux qui veulent lire. Ambohijatovo sert aussi de lieu d’échanges, les magazines anciens ou nouveaux changent de mains à moindre frais, surtout avant l’ère de l’internet, les annales des examens officiels aussi y pullulaient. Les amateurs de romans policiers s’y délectaient et parvenaient à avoir tous les SAS, les San Antonio etc.. chiffonnés jaunis, d’accord, ils étaient mais leur contenu ne prenait aucun ride pour les férus de lecture.

Cependant, il y a eu un côté navrant. Les livres dont les manuels universitaires précieux y étaient vendus, et les bibliothèques dignes de ce nom ont été massivement dépouillées de leurs ouvrages pour être vendus à des bouquinistes peu regardant sur les origines des livres vendus, malheureux, mais en contrepartie les rayons des Bibliothèques universitaires  étaient dégarnis. Des étudiants qui pensent qu’être en possession de livres est une condition nécessaire pour avoir le savoir mais qui finalement pour ne pas savoir quoi en faire les liquident à vil prix à Amohijatovo. Le mont de piété en quelque sorte. Pour l’anecdote, on y trouvait des titres de propriétés venant des archives communales vendues comme des vulgaires journaux servant d’emballage. L’envers de la culture.

Puis peu, faute de livres, Ambohijatovo s’est mué en Bazar, les livres (les plus intéressants) ont laissé la place à des ouvrages qui n’ont plus de lecteurs, style « Les pensées du Doutché », ou à des salons de coiffure ou à des les ateliers de réparation d’appareilles électroménagers qui ont envahi la place et, bien sûr, sans oublier les gargotiers. Qu’est-ce qu’on aura à la place ? La pensée malveillante va encore se demander, à qui profite le drame ? comme toutes les verrues de la Capitale devenues la proie des flammes, les promoteurs de tous genres doivent être déjà à l’affût. Une bibliothèque municipale normalisée, un marché pour les ambulants, un parking, un ensemble immobilier ou  un jardin voisin du parc botanique ou pourquoi pas une place de la démocratie. L’appel d’offres est ouvert.

M.Ranarivao

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