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dimanche 25 septembre 2022
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Ils ont fait le buzz… : Librairie à ciel ouvert d’Ambohijatovo, déni de patrimoine

Dans l’imaginaire tananarivien, cette intensité du sinistre d’Ambohijatovo renvoie à l’incendie du Rova de Manjakamiadana. (crédits photos : Fitia Mananierana)

L’incendie des librairies à ciel ouvert d’Ambohijatovo, dont la thèse criminelle est de plus en plus privilégiée, durant le weekend a marqué les esprits sur le web. Chez de nombreux internautes, la stupeur a vite laissé sa place à la désolation. 

Un sentiment d’avoir vu partir en fumée un symbole de la capitale. Un symbole d’autant plus intellectuel. Beaucoup y ont déniché les livres d’école de leurs rejetons. Un patrimoine rassemblant à la fois, le matériel, par les livres physiques, et l’immatériel, par les connaissances parfois surprenantes. 

Un spécialiste des travaux publics y a pioché un écrit inestimable sur la construction de routes goudronnées. Un lecteur y a déjà trouvé un document sur des rituels sataniques, efficace, paraît-il. En dernier recours, une mère de famille a réussi à obtenir un livre d’orthographe introuvable pour son fils.  

Nombreux étaient les jeunes qui rassemblaient les textes des stars mondiales grâce aux livres d’Ambohijatovo. Certains ont pu poser avec fierté le « poster » d’une vedette dans leurs chambres. 

Des futures mariées se sont inspirées des livres loués à Ambohijatovo pour dessiner leur robe. Les grévistes en faisaient leur lieu de repli face aux répressions militarisées. Ce lieu a accompagné, studieux, la vie de la ville des Mille durant des décennies.

Ensuite, quand le curieux vadrouille dans les couloirs de cette bibliothèque à ciel ouvert, il y a cette sensation de vivre une mini-aventure. Comme si l’esprit s’attendait machinalement à trouver une pépite livresque. Comme poussé par une quelconque force, le regard baladeur ne se lasse pas.  

Tant la profusion apporte un bien-être indescriptible. Il faut admettre que ce patrimoine d’Ambohijatovo a su résister aux nouvelles technologies. Tout aussi symbolique. Trêve de nostalgie, une partie du site seulement a brûlé ou a été incendiée. 

Si la thèse du sinistre provoqué se vérifie, la question principale est « à qui profite le crime ? ». À Madagascar, ces derniers temps, le patrimoine est devenu un joujou d’ambition. Si cela est criminel, cet incendie marque encore plus la valeur qu’accordent certains au patrimoine tananarivien. 

Peut-être ne se sentent-ils pas tananariviens, voire pas malgaches ? Dans les pays soucieux de leur patrimoine, reconstruire comme à l’état serait la priorité des décideurs. Toutefois il est important d’y installer du matériel anti-incendies pour être mieux préparé.  

Maminirina Rado 

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