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lundi 26 septembre 2022
DomicileEconomieIndustrie minière : Un secteur fragilisé par la mauvaise gouvernance 

Industrie minière : Un secteur fragilisé par la mauvaise gouvernance 

Si l’on arrive seulement à une dizaine de grandes
entreprises minières de la taille d’Ambatovy cela
jouerait grandement en faveur de la relance économique

Avec un ministre issu du secteur minier et qui comprend  visiblement bien les réalités, les industriels croient malgré tout à un bel avenir de la filière mine.

Une filière fragilisée jusqu’ici par  la mauvaise gouvernance dont ont fait preuve les dirigeants qui se sont succédé.

Bonne entente

Pour la Chambre des Mines de  Madagascar, notamment l’actuel ministre des Mines et des Ressources Stratégiques, Olivier  Rakotomalala  donne l’impression d’être quelqu’un qu’il veut aller de l’avant. Il l’a démontré lors de l’atelier de consultation relatif à l’avant-projet de code minier qui s’est déroulé la semaine dernière  dans la salle de conférence du Mining Business Center à Ivato. Willy Ranjatoelina Secrétaire Exécutif de la Chambre des Mines de Madagascar parle d’une bonne entente et d’une liberté d’expression  qui ont régné durant les échanges. « Le ministre des Mines et des Ressources Stratégiques a été le principal interlocuteur tout au long de cette consultation. Ses interventions ont démontré, d’une part une  bonne compréhension des réalités du secteur minier, et d’autre part une forte volonté de faire évoluer la situation  en alliant les objectifs de l’Etat avec les principes d’attractivité »  estime la Chambre des Mines. 

Vide juridique

Une attractivité qui est cependant très loin de la réalité. Au contraire la Chambre des Mines constate que  le secteur est fragilisé par la mauvaise gouvernance caractérisée notamment par un vide juridique qui a plongé la filière au fond d’une crise  qui dure depuis que le gouvernement a décidé le gel des permis miniers depuis 2011 où il avait suffit d’une note ministérielle  pour mettre de côté une la loi minière de 2005. Et les résultats sont catastrophiques puisque depuis cette  suspension du code minier les industriels miniers sont peu à peu devenus des espèces en voie de disparition. Avec ce que cela suppose de  manque à gagner pour l’économie. « Madagascar a manqué d’importantes opportunités en raison du gel des  permis miniers depuis 2011. Une étude commanditée par la Banque mondiale et réalisée par l’université  de Queensland-Australie en 2013 avait permis d’évaluer ce qu’auraient pu être  les retombées économique de l’exploitation minière industrielle sans le gel des permis miniers au travers des contributions fiscales et non-fiscales de  l’industrie minière sur la période 2015-2035 : à l’horizon 2025, la contribution du secteur extractif au PIB de Madagascar aurait pu représenter 14% contre seulement moins de 5% aujourd’hui, celle des exportations minières aurait pu atteindre 3 690 milliards de dollars, soit 54% de la valeur totale  des exportations contre 30% dans la réalité et les recettes fiscales issues de l’exploitation minière auraient pu s’élever à 377,61 millions de dollars ; de même l’emploi dans le secteur minier aurait été le double de ce qu’il y a actuellement ».

Préalable

Autant de raisons qui militent en faveur d’actions pour une réelle relance de  la filière mine.  Pour l’Etat, cette relance passe par le changement du code minier. Une réforme qui ne fait malheureusement pas l’unanimité du côté des professionnels du secteur.  Sans être contre cette réforme législative,  les industriels suggèrent un préalable. « Avant de changer de code minier, il faut d’abord appliquer l’actuel », déclare Jean Luc Marquetoux, président de la Chambre des Mines de Madagascar. Cette association qui regroupe les acteurs majeurs du secteur minier avec 90% de contribution dans la filière  reste par ailleurs persuadée « le développement de l’industrie minière peut parfaitement s’intégrer dans la politique générale de l’Etat ».  Une manière de réitérer qu’avant un nouveau code minier, il faut tout d’abord que le pays dispose d’une politique minière qui s’adapte aux réalités malgaches et qui tient compte du contexte international. À ce propos, la tendance actuelle affichée par l’administration de réviser à la hausse les taux de redevances et de ristournes est perçue par les industriels comme une menace qui pourrait dissuader les majors internationaux à venir investir à Madagascar. Nous en reparlerons.

 R.Edmond.

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1 COMMENTAIRE

  1. Un titre évocateur , accusateur , sans ambiguïté

    Que Midi Madagasikara ose pointer la mauvaise gouvernance , entre autres , du premier ministre Ntsay ; fallait le faire ! Est-ce à pronostiquer un prochain passage de grade du ministre de l’ICC ?
    Qu’un manager prive volontairement et durablement son département d’une source importante de revenus et de devises étrangères ! L’expression signifiante [sabotage] s’impose , sans effet sur l’obtention du diplôme de champion de l’industrialisation de l’impétrant . Alors on ne s’étonnera pas , dans ce registre , du non recours patent aux expériences et à l’assistance de nations soeurs comme le Mali , le Rwanda , la République Centrafricaine, le Burundi …tant il est vrai que les bérets conviennent tant et mieux… aux dons en devises étrangères sonnantes et trébuchantes , surtout trébuchantes .

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