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dimanche 25 septembre 2022
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Développement humain : Madagascar au 173e rang sur 191 pays, selon le classement du PNUD

Comme la plupart des autres pays, Madagascar a affiché un recul en termes de développement humain.

Neuf pays sur dix affichent un recul en termes de développement humain, d’après le rapport du PNUD couvrant les années 2021 et 2022.  Pour Madagascar, l’IDH est passé de 0,510 en 2019 à 0,501 en 2021, soit une baisse de 0,9 point. En termes de classement, la Grande-île est passée du 161e rang sur 180 pays au 173e sur 191 pays.

« Temps incertains, vies bouleversées : Façonner notre avenir dans un monde en mutation ». Tel est l’intitulé du rapport sur le développement humain publié par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement). Il s’agit de la suite de précédents rapports publiés par cette organisation. À noter que l’Indice de développement humain (IDH), détaillé par le rapport, se base sur plusieurs paramètres dont les principaux indicateurs sont liés à la santé, à l’éducation et au revenu par habitant. Pour cette fois, la Suisse est en tête du classement avec un indice de 0.962, suivie de la Norvège qui est à 0.961. Pour sa part, Madagascar reste dans la dernière catégorie regroupant les pays à faible développement humain. La Grande-île affiche un IDH de 0.547 pour l’année 2021, derrière le Soudan à 0.508 et devant la Gambie à 0.500. Dans la région de l’Afrique Subsaharienne, Madagascar affiche un IDH en dessous de la moyenne qui est à 0.547, selon le rapport du PNUD. Certains pays comme les Comores ont réussi à se hisser au 156e rang avec un IDH de 0.558.

Composantes. L’espérance de vie à la naissance est l’un des principaux indicateurs considérés par le PNUD, pour établir le classement IDH. D’après le rapport, un enfant né à Madagascar peut espérer vivre, en moyenne, pendant 64,5 ans. En ce qui concerne l’éducation, le nombre moyen d’années de scolarisation n’est que de 10,1 ans dans le pays. Et enfin pour le revenu par habitant, le rapport indique pour Madagascar un montant journalier moyen de 1,484 dollar. D’après le rapport, ces trois principaux paramètres de mesure restent insuffisants pour une description précise du développement humain. Pour le PNUD, le développement humain va bien au-delà des avancées en matière de bien-être, comme la réduction de la pauvreté ou de la faim, pour inclure les notions tout aussi essentielles de libertés humaines et de capacité d’agir, qui, ensemble, élargissent le sens des possibilités dans la vie de chaque personne. « Les accomplissements individuels ne rendent pas non plus nécessairement compte de la cohésion sociale et de la confiance, deux éléments indispensables à l’épanouissement des personnes et à la réalisation collective d’objectifs communs. En bref, ces deux paradoxes nous invitent à nous intéresser de près à la conception étroite du progrès », indique le rapport. Parmi les nombreux paramètres de mesure, le PNUD a également mis en exergue l’indice de pauvreté multidimensionnelle qui touche 69,1% de la population malgache, d’après les données de 2018 qui affichent un indice de 0.384. À cela s’ajoute l’intensité de privation atteignant les 55,6%.

Inégalités. Certes les indicateurs concernant Madagascar sont encore plus inquiétants, lorsqu’ils prennent en compte les inégalités. Dans le rapport, l’IDHi (IDH ajustée aux inégalités) pour la Grande-île n’est que de 0.367 affichant ainsi une perte de 26,74% et un recul de 7 rangs, avec un coefficient des inégalités de 26.9 en 2021 et un coefficient de Gini de 42.6 entre 2010 et 2021. Dans la région subsaharienne,  cet IDHi affiche une moyenne de 0.383. En effet, les inégalités pénalisent encore plus le développement de la Grande-île. Cependant, le pays affiche un bon indice de développement genre à 0.956, qui le place au 143e rang, en termes d’inégalité de genre. Selon le rapport 2021-2022, l’IDH de Madagascar propre aux femmes est de 0.490, contre un indice de 0.512 pour les hommes. « L’espérance de vie pour les femmes à Madagascar est de 66,9 ans et pour les hommes de 62,2 ans. Le nombre moyen d’années de scolarisation est de 10,2 pour le genre féminin et de 10,2 pour le genre masculin. Pour le revenu par habitant, le revenu national brut per capita est de 1,284USD pour les femmes et de 1,682USD pour les hommes », indique le rapport du PNUD. À noter que le niveau de scolarisation de la population malgache nécessite encore beaucoup d’efforts. Si l’on considère la population âgée de plus de 25 ans, seulement 27,3% des femmes et 29,8% des hommes ont suivi l’enseignement secondaire ou plus. Outre ces différences, le développement humain pour les femmes est également marqué par la mortalité à l’accouchement, avec une statistique de 335 morts sur 100 000 accouchements enregistrés. Par ailleurs, sur 1 000 filles malgaches âgées de 15 à 19 ans, 119,4 ont déjà donné naissance à un bébé, d’après le rapport IDH. À noter qu’une multitude d’indicateurs est également prise en compte dans le rapport IDH du PNUD, si l’on ne cite que l’émission de carbone par habitant ou les pressions sur l’environnement.

Incertitudes. Alors que 90% des pays du monde entier affichent une régression en termes de développement, les progrès de ces pays sont encore freinés par de multiples crises, selon le PNUD. Celui-ci a également évoqué l’existence d’un ensemble d’incertitudes que forment la mutation planétaire dangereuse de l’Anthropocène, la poursuite de transformations sociétales radicales et la polarisation généralisée et croissante. Pour le Programme, le monde doit se sortir de son inertie pour assurer l’avenir des populations et de la planète en relançant sa trajectoire de développement. « Le monde vacille de crise en crise, piégé dans un cycle de lutte contre les incendies et incapable de s’attaquer à l’origine des problèmes auxquels nous sommes confrontés. Sans un changement radical de cap, nous risquons d’avoir à supporter encore davantage de privations et d’injustices. Un ensemble d’incertitudes s’accumulent et interagissent pour perturber la vie de manière inédite. Les deux dernières années ont eu un impact dévastateur pour des milliards de personnes dans le monde, lorsque des crises comme la Covid-19 et la guerre en Ukraine se sont succédé et ont interagi avec des changements sociaux et économiques radicaux, des changements planétaires dangereux et une aggravation de la polarisation », a communiqué le PNUD, pour la présentation du rapport IDH 2021-2022. 

Reprise inégale. Alors que certains pays commencent à se remettre sur pied, la reprise est inégale et partielle, creusant encore les inégalités en matière de développement humain. L’Amérique latine, les Caraïbes, l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud ont été particulièrement touchées, selon le PNUD.  « Le monde cherche par tous les moyens à répondre aux crises consécutives. Nous avons vu avec le coût de la vie et les crises énergétiques que, s’il est tentant d’y apporter des solutions rapides comme les subventions aux combustibles fossiles, les tactiques de secours immédiats retardent les changements systémiques à long terme que nous devons apporter. Nous sommes collectivement paralysés face à ces changements. Dans un monde défini par l’incertitude, nous avons besoin d’un sens renouvelé de la solidarité mondiale pour relever nos défis communs et interconnectés », déclare Achim Steiner, administrateur du PNUD.

Blocages. Par ailleurs, le rapport examine les raisons pour lesquelles le changement nécessaire ne se produit pas et suggère que les raisons en sont nombreuses, notamment la façon dont l’insécurité et la polarisation s’alimentent mutuellement aujourd’hui pour entraver la solidarité et l’action collective dont nous avons besoin pour faire face aux crises à tous les niveaux. De nouveaux calculs montrent, par exemple, que ceux qui se sentent le moins en sécurité sont également plus susceptibles d’avoir des opinions politiques extrêmes. « Même avant que la Covid-19 ne frappe, nous étions témoins du double paradoxe du progrès associé à l’insécurité et à la polarisation. Aujourd’hui, avec un tiers des personnes dans le monde qui se sentent stressées et moins d’un tiers des personnes dans le monde qui font confiance aux autres, nous sommes confrontés à des obstacles majeurs freinant l’adoption de politiques qui fonctionnent pour les populations et la planète. Cette nouvelle analyse stimulante a pour objectif de nous aider à sortir de cette impasse et à suivre une nouvelle voie qui mettra fin à ces incertitudes mondiales actuelles. Nous avons un créneau étroit pour relancer nos systèmes et assurer un avenir fondé sur une action climatique décisive et de nouvelles opportunités pour tous », poursuit Achim Steiner. Pour tracer une nouvelle voie, le PNUD recommande de mettre en œuvre des politiques axées sur l’investissement – des énergies renouvelables à la préparation aux pandémies – et  sur l’assurance – notamment la protection sociale. Ces politiques devraient aider les pays aux aléas de l’incertitude.

Antsa R.

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3 COMMENTAIRES

  1. Et l’autocrate mégalo qui n’a jamais cessé de nous rabâcher que son régime est entrain de réaliser ce que les prédécesseurs n’ont pas pu réussir en 60 ans ! Et oui il a fait le challenge de mettre les Malgaches à terre le grand  » champion  » avec cet appauvrissement scandaleux . La crise sanitaire et la guerre en Ukraine ne sont que des prétextes pour justifier l’incompétence et le manque de réalisme . Jamais le pays n’est tombé aussi bas et ce ne sera pas le cirque annoncé avec cette présentation ridicule en fin de mandat du PEM qui va changer la donne .

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