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dimanche 25 septembre 2022
DomicileEconomieProduit Intérieur Brut : Un outil pour mesurer la performance économique d’un pays 

Produit Intérieur Brut : Un outil pour mesurer la performance économique d’un pays 

Les intervenants à cette conférence-débat ont soulevé que le PIB présente quand même certaines limites.

« Le Produit Intérieur Brut (PIB) reflète-t-il la réalité économique ? Cas de Madagascar. ». Tel a été le thème débattu lors d’une conférence organisée mensuellement par l’Ecole Supérieure de Management (ESUM) dans ses locaux à Andavamamba. 

Cette conférence-débat a été organisée cette fois-ci par la Mention Statistique au sein de cette université digitale afin que les étudiants choisissant ce parcours puissent s’enquérir des connaissances auprès des professionnels et des experts opérant dans leurs domaines respectifs. Pour commencer, le Pr Samuel Randriambolamanitra, expert en comptabilité nationale a soulevé que le Produit Intérieur Brut constitue un outil pour mesurer la performance économique d’un pays et de son évolution, dans le but de piloter le système productif de l’économie. « La Banque mondiale utilise entre-temps cet indicateur pour comparer les performances des pays entre eux. Théoriquement, on mesure le volume de l’économie nationale et de son évolution ou bien les richesses créées sur une période donnée, soit en une année », a-t-il ajouté. 

Madagascar au 5e rang. Selon toujours les statistiques publiées par cette Institution de Bretton Woods, le PIB de Madagascar avoisine les 14,6 milliards de dollars en 2021. Ajusté par le nombre de la population, le PIB par habitant de la Grande île est estimé à 515 dollars à la même période. Ce chiffre reste relativement faible si on le compare au PIB par habitant de Maurice qui est environ 8 800 dollars pour la même année, a-t-on exposé. En outre, la Banque mondiale a classé Madagascar au 5ème rang parmi les pays les plus pauvres au monde en termes de comparaison des PIB pour cette année 2022. Cependant, l’utilisation de cet indicateur visant à mesurer les richesses produites globalement dans un pays a fait l’objet de discussions entre les professionnels et les experts dans le domaine de la comptabilité nationale lors de cette conférence-débat. L’on se demande ainsi si ce Produit Intérieur Brut reflète la réalité économique d’un pays ou si son utilisation est pertinente pour mesurer la croissance économique notamment dans les pays sous développés comme Madagascar ? 

Certaines limites. D’après le point de vue du Pr Samuel Randriambolamanitra, le PIB de Madagascar reflète la réalité économique dans le pays. En effet, « cet indicateur a été calculé selon les normes internationales en matière de système de comptabilité nationale mises en place par les Nations unies. La qualité de nos statistiques devrait peut-être être améliorée d’autant plus que la Grande île accuse un retard sur la manipulation du système de comptabilité nationale et la mise aux normes de nos statistiques », selon les explications de cet intervenant. En outre, il a été évoqué lors de cette conférence-débat que le PIB représente quand même certaines limites malgré son utilisation en tant qu’outil de comparaison entre les pays.  À titre d’illustration, «  les statisticiens ont du mal à intégrer certaines activités économiques dans le calcul de cet indicateur, soit par manque d’informations, soit les activités sont dites « sous-terraines » ou informelles et ne sont pas accessibles. Les dommages engendrés par la production de certaines activités n’y sont pas non plus comptabilisés, pour ne citer que les émissions de carbone ayant un coût pour les générations futures. Celles-ci modifient notamment l’équilibre climatique et dégradent l’environnement », a fait savoir Mireille Harivola Ravelojaona, enseignante au sein de l’ESUM. 

Banque de données de l’Etat. Par ailleurs, « le PIB ne reflète ni la rareté ni l’épuisement des ressources naturelles dans le temps. Il ne permet pas non plus d’anticiper la disponibilité des ressources pour les générations futures. C’est également un outil pour quantifier l’économie sans mesurer le niveau de bien-être », a-t-elle enchaîné. Toutefois, ces deux intervenants sont unanimes sur le fait que les experts de la comptabilité nationale essaient tant bien que mal d’évaluer toutes les activités dites informelles et de les intégrer dans le PIB afin que le calcul de cet indicateur s’approche le plus de la réalité économique. Cela nécessite des ressources humaines, matérielles et financières assez conséquentes. D’où, l’importance de l’implication du gouvernement et des bailleurs dans la compilation des statistiques pour améliorer leur qualité, selon leurs dires. Pour sa part, le directeur général de l’ESUM, Tahiry Razafimanjato, a exprimé que les conférences-débats organisées périodiquement par cette université digitale visent à valoriser les formations acquises par les étudiants tout en les mettant en relation directe avec les professionnels dont ici les experts en comptabilité nationale et les statisticiens. « Nous voulons également rendre accessible au grand public les statistiques qui constituent une banque de données de l’Etat avec leurs interprétations pour que chaque citoyen puisse suivre l’évolution de l’économie nationale », a-t-il conclu. 

Navalona R.  

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