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vendredi 30 septembre 2022
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Rapport de l’Union européenne : Prioriser la coopération sans éroder la souveraineté nationale, selon Freddy Andriamalala

L’économiste et politologue Mamy Freddy Andriamalala s’exprime sur le Rapport de mission de suivi électoral de l’Union européenne. Il est également président du Groupement National des Experts et Professeurs des Universités pour le Développement (GNEPUD). Interview exclusive.

Les partenaires techniques et financiers doivent prendre en considération
les besoins exprimés par la population malgache et par le gouvernement,
selon l’économiste politologue Mamy Freddy Andriamalala.

Midi Madagasikara (MM). Est-ce que les  recommandations émises par le Chef de mission du suivi électoral de l’Union européenne conditionnent, selon vous, l’aide publique au développement accordée par les pays membres?

Mamy Freddy Andriamalala (MFA). Les donateurs comme l’Union européenne accordent l’aide avec des conditions souvent difficiles à réunir. Ils dictent leurs directives et leurs propres modes de financement, bien souvent sans prendre en considération des besoins prioritaires exprimés par le gouvernement et la population. Ce sont des exigences qui sont souvent devenues  sources de pertes de temps. Tel est le cas du fameux rapport de mission du suivi électoral de l’Union européenne. 

MM. L’aide sert-elle uniquement au développement  économique ?

MFA. Dans le contexte de crise économique actuelle causée cumulativement par la pandémie de Covid, la hausse du prix du pétrole et la guerre en Ukraine, il est plutôt pertinent de débloquer et augmenter plus rapidement l’aide accordée par les bailleurs de fonds pour relancer  l’économie  malgache au lieu d’imposer une politique de soumission et d’ingérence en matière électorale dans un pays démocratique comme Madagascar. La bonne gouvernance et la promotion de la démocratie sont parmi les conditions de financement des bailleurs de fonds comme l’Union européenne.

MM. Est-ce que ce rapport érode la souveraineté économique ou la souveraineté politique du pays ?

MFA. Du point de vue politique, j’attire  l’attention de la délégation qui a rédigé ce rapport et je porte jugement sur son accusation aveugle à l’encontre de certains chefs d’institution et organisme en charge des élections (HCC, CENI) qui peut éroder la souveraineté nationale. Ces institutions sont régies par des lois en vigueur. Le président de la République, qu’il soit candidat ou non aux élections, n’a aucun droit pour désigner les présidents de ces institutions. La valeur républicaine s’impose à nous. Est-ce que la population devrait attendre les recommandations de ce rapport  pour élire ses représentants dont le président de la République ? Nous ne croyons pas qu’elle devrait se mettre à genoux devant les bailleurs pour demander des bulletins de vote ou pour légitimer les élections.

MM. D’après vous, est-ce que les recommandations émises par la mission ne sont pas pertinentes ?

MFA. Par rapport à ces recommandations, nous nous posons objectivement les questions suivantes : Quel est vraiment le sens du préjugé émanant de la Mission sur le fonctionnement des institutions en charge des élections ? S’agit-il de la « corruption politique » qui se définit comme un troc entre décisions politiques contre argent ? Ou s’agit-il du « clientélisme politique » qui consiste en un échange de faveur contre des suffrages électoraux ? Ou est-ce qu’il y a des pratiques utilisées par ces institutions pour détourner les résultats des élections au détriment de la démocratisation ?

MM. Quelle est votre conclusion sur les liens entre coopération internationale au développement et démocratie ?

MFA. Il est de notre devoir de rappeler que nombreux sont les problèmes qui freinent la mise en place de la démocratie à Madagascar, à savoir : les difficultés liées au recensement des électeurs, l’absence de base de données informatisée sur l’état-civil, l’absence de Registre National d’état-civil, l’imperfectionnement des listes électorales, etc.À cela s’ajoutent d’autres facteurs socio-économiques : l’analphabétisme, la pauvreté, la culture politique, etc. Malgré la place centrale qu’occupe le financement international du développement à Madagascar, la politique d’ingérence et de soumission excessive imposée par les bailleurs ne permet significativement pas de relancer le développement économique dans ce pays, ni d’enraciner la démocratie, ni de renforcer la stabilité politique.

Recueillis par Antsa R.

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