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lundi 5 décembre 2022
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DomicileSociétéAllaitement maternel : La promotion freinée par la tradition

Allaitement maternel : La promotion freinée par la tradition

La tradition figure parmi les pratiques influençant l’allaitement maternel. Le programme autour des 1 000 premiers jours de l’enfant de l’UNICEF vise à encourager les mères à allaiter davantage leurs nourrissons. 

Protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel. Ce sont les défis auxquels font face les Agents communautaires (AC) pour encourager les mères à allaiter leurs progénitures jusqu’à 2 ans ou au-delà. Malgré les efforts des A.C et la sensibilisation pour l’allaitement exclusif et avec les deux seins, le tabou reste encore un facteur à surmonter. Nombreuses sont les mères qui allaitent avec un seul sein suite aux tabous et coutumes locales. Pourtant, il est nécessaire d’allaiter avec les deux seins pour s’assurer que le nourrisson obtienne les nutriments dont il a besoin. Par ailleurs, certaines femmes ont également pour coutume de caresser leurs seins avec des billets, alors que les billets sont porteurs de germes et microbes. « Mon mari m’interdit d’allaiter mes enfants avec mes deux seins donc je les ai allaités tous les deux avec mon sein droit. Mon mari n’arrive pas encore à expliquer les raisons de cette interdiction mais je les respecte parce que cela constitue encore un tabou dans sa famille », témoigne Mauricia, une mère de famille dans la commune de Mahambo, district de Fenerive-Est, région Analanjirofo. Son cas n’est pas isolé puisque certains ménages dans cette localité respectent encore ce tabou.

Sensibilisations. Pour encourager les mères à pratiquer l’allaitement exclusif, les A.C renforcent davantage leurs actions de sensibilisation auprès des ménages ayant des nourrissons dans leurs fokontany respectifs. « Nos sensibilisations se focalisent surtout sur les avantages de l’allaitement exclusif. Nous encourageons également les femmes enceintes à rejoindre les centres de santé pour la consultation prénatale mais également pour pouvoir bénéficier de différents conseils durant les 1 000 premiers jours de l’enfant », selon  Melchiade Randrianony, A.C dans le fokontany d’Antsirakoraka. D’après cet agent communautaire, il ne s’agit pas de porter des jugements sur les autres mais de diffuser les bonnes pratiques pour une meilleure prise en charge de la santé de la mère et de l’enfant. Hier s’est tenue la réunion mensuelle des A.C travaillant pour le CSB II de Maromitety, district de Fenerive-Est. Cette rencontre est une occasion pour eux de partager leurs expériences mais aussi pour faire une évaluation de ce qu’ils ont déjà acquis.

Bilan positif. Le concept lancé par l’UNICEF, les « 1 000 premiers jours », qui va de la conception aux deux premières années de l’enfant est déterminant pour le développement de l’enfant et la santé de l’adulte qu’il deviendra. Financé par Takeda Pharmaceutical Company Limited, ce programme qui cible 245 000 femmes enceintes et 231 000 nouveaux nés touche à sa fin. Mis en œuvre à Analamanga et Analanjirofo depuis l’année 2018, ce programme a surtout mis en exergue la santé et la nutrition. Les bénéficiaires ont dressé un bilan positif  du programme, c’est le cas pour le CSB II de Mahambo, dans le district de Fenerive-Est, région Analanjirofo. « Le nombre des consultations prénatales a connu une hausse ces trois dernières années. Auparavant, nous avons enregistré 110 à 115 consultations par mois mais ce nombre s’élève actuellement à 135 par mois », se félicite l’infirmière Augustine Razanamalala, chef du CSB II de Mahambo. En raison de la qualité du service offert par ce centre de santé mais aussi grâce à ce programme autour des  1 000 premiers jours de l’enfant, nombreuses sont les femmes qui effectuent plusieurs heures de marche pour pouvoir bénéficier des offres sur place. Il y a entre autres la formation sur l’allaitement exclusif, les conseils en nutrition ainsi que toutes les bonnes pratiques pour garantir la santé et le bon développement de l’enfant. « J’habite à 19 km de ce CSB II, dans le fokontany de Madiro. Malgré les huit heures de marche à faire pour se rendre sur place, c’est toujours bénéfique pour moi et mon enfant de recevoir les conseils des professionnels de santé », se réjouit Patricia Bevavy, une mère de famille.

Narindra Rakotobe

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