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dimanche 4 décembre 2022
DomicileCulturePortrait : Mamy Henintsoa Randrianjatovo, la princesse, et le crapaud « français bêta »

Portrait : Mamy Henintsoa Randrianjatovo, la princesse, et le crapaud « français bêta »

Mamy Henintsoa Randrianjatovo lors de la présentation au théâtre Outremont à Montréal au Canada lors de « Ma thèse en 180 secondes ».

L’exploit de Mamy Henintsoa Randrianjatovo, lors du concours international « Ma thèse en 180 secondes » organisé par l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, n’est pas passé inaperçu dans le pays. Une des rares fois où le savoir malgache se mesure avec d’autres venus des quatre coins du monde. Cette jeune doctorante en sociolinguistique, au niveau de l’université d’Antananarivo dans l’équipe d’accueil doctoral Sociétés, arts et cultures du Sud-Ouest et de l’Océan Indien, a fini troisième.

La finale s’est déroulée au théâtre Outremont à Montréal au Canada. Le titre de ce concours est clair. Il a fallu à Mamy Henintsoa Randrianjatovo 180 secondes, ni plus ni moins, pour convaincre les membres du jury. Durant lesquelles, elle s’est étalée sur son thème, « Analyse sociolinguistique et interculturelle du processus de création d’une variation linguistique dans le contexte plurilingue malgache : cas de la langue française affichée dans des quartiers représentatifs d’Antananarivo Madagascar ».

Mariée et mère de deux enfants, cette doctorante fait partie de la génération montante des intellectuelles malgaches. Il faut bien croire que, malgré cette image galvaudée et extrapolée, les universités de la Grande Île produisent de belles choses, en toute discrétion, par ailleurs de niveau international. Il faut aussi croire que l’université publique reste une référence hors des murs de Madagascar. Pour dire que la relève et les compétences existent. La passion aussi. Par les temps qui courent, croire et se laisser diriger par sa passion reste un privilège.

Pose photo (Mamy Henintsoa Randrianjatovo, troisième à partir de la droite) avec le collège des enseignants de la mention Etudes Françaises et Francophones de la faculté des Lettres et Sciences Humaines à son arrivée à Antananarivo

Dans un pays où les aspirations d’une jeunesse universitaire se heurtent souvent à des déceptions et frustrations professionnelles. Pour cette doctorante, chaque journée se déroule à cent à l’heure. Le matin, préparer ses enfants pour l’école. Ensuite, aller au travail. Lire à chaque occasion, dans le bus, à chaque lieu et moment propice. Elle occupe plusieurs fonctions. Le soir, à la maison, s’occuper des enfants, jouer son rôle de mère afin de se « rebooster » probablement. Elle est aussi enseignante vacataire à l’université d’Antananarivo.

Pour suivre ce rythme, elle s’autorise une séance intensive de sport chaque semaine. Réussir à accéder au top trois de « Ma thèse en 180 secondes », Mamy Henintsoa Randrianjatovo a donc axé sa présentation sur le rapport du malgache avec le français. Partant de « la peur de l’orthographe », syndrome des anciennes colonies, jusqu’à la constitution du « français bêta ». Pour faire court, le fruit d’un mariage entre les deux langues. Plusieurs pays ont ainsi participé, l’Irlande, le Canada, le Gabon, la France, l’Île Maurice, la Géorgie, le Bénin, la Bulgarie, etc.

À partir de là, les perspectives dans l’enseignement des langues en primaire, voire les niveaux au-dessus, sont nombreuses pour son travail. D’autant plus que la discipline de la sociolinguistique est en plein essor à Madagascar. Il ne reste qu’à espérer que ses recherches puissent contribuer à défricher quelques pistes dans les domaines où les langues malgache et français sont en contact.

Maminirina Rado

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