- Publicité -
vendredi 9 décembre 2022
DomicileÀ lireDécision unilatérale du ministre des Affaires Etrangères ?

Décision unilatérale du ministre des Affaires Etrangères ?

Vote à l’ONU

Madagascar a voté « Oui » mercredi dernier à la résolution des Nations-Unies sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine conformément aux principes de la Charte des Nations Unies et condamnant l’annexion par la Russie d’une partie du territoire ukrainien. Depuis samedi soir, l’information selon laquelle cette décision a été prise de manière unilatérale par le ministre des Affaires Etrangères a circulé et a largement été reprise par les médias locaux qui ont pu en avoir confirmation. Cette décision unilatérale de Richard Randriamandrato pourrait entraîner sa démission ou son limogeage. Le résultat est le même. Il sera fixé sur son sort d’ici le Conseil des ministres de mercredi prochain.

Richard Randriamandrato pourrait partir du gouvernement pour la seconde fois.

Subordination hiérarchique

D’après certaines indiscrétions, ce n’est pas tant la décision de voter « Oui » en soi qui poserait problème, mais le fait par le ministre des Affaires Etrangères d’avoir agi en faisant fi des principes élémentaires de la subordination hiérarchique. L’absence de consultation de ses supérieurs hiérarchiques s’apparente à une faute professionnelle grave.

Neutralité

Pour rappel, Madagascar a affiché au début du conflit russo-ukrainien une neutralité sans équivoque, en cohérence avec son appartenance au mouvement des pays non-alignés, depuis l’ère Didier Ratsiraka. Une position qui ne risquait donc pas de changer, sauf que le ministre responsable aurait décidé de ne pas consulter ses supérieurs hiérarchiques avant de donner sa consigne de vote au personnel de notre représentation diplomatique aux Nations Unies à New York.

Pouvoir discrétionnaire

L’article 57 de la Constitution de la République de Madagascar donne pouvoir discrétionnaire au Président de la République pour toutes les questions relatives à la diplomatie, raison pour laquelle l’accréditation et le rappel des ambassadeurs et autres représentants des Etats et organismes internationaux font partie de ses pouvoirs discrétionnaires.

Irresponsabilité

Sur certaines chaînes audiovisuelles samedi soir, le Professeur Harimanana Raniriharinosy, maître de conférences et spécialiste en relations internationales a bien confirmé que toute décision concernant les relations de Madagascar sur le plan international revient au Chef de l’Etat, le ministre des Affaires Etrangères aurait ainsi dû se référer au Président de la République avant de prendre une quelconque initiative au sein des Nations-Unies. D’autant plus que le vote d’une résolution onusienne engage tout le pays et l’ensemble du Gouvernement et passer outre la consultation de ses supérieurs hiérarchiques relèverait tout simplement d’une incompétence élémentaire et d’une irresponsabilité dangereuse pour le gouvernement malagasy.

Conseils

Le processus d’adoption d’une résolution des Nations-Unies exige le dépôt du projet de résolution 48 heures au moins avant sa soumission au vote, il est encore plus incompréhensible que ce projet n’ait pas été soumis pour examen en Conseil du gouvernement ni en Conseil des ministres par le ministre responsable, nos sources indiquent que cette question n’a effectivement pas été abordée par le ministre concerné, et d’ailleurs, les communiqués des deux Conseils n’en font nullement état.

Promesses

Mais à voir de près, l’agissement du ministre n’est pas si étonnant que cela, quand on connait bien son back-ground. Carriériste, Richard Randriamandrato a déjà travaillé à la SADC auparavant et semble plus porté sur la gestion de sa carrière que sur le patriotisme dont il aurait pu faire preuve à la tête d’un ministère de souveraineté. L’on chuchote qu’il aurait eu des promesses de poste de la part de ses contacts étrangers, en échange de sa décision unilatérale aux Nations-Unies mercredi dernier.

R.O

- Publicité -
Suivez nous
311,259FansAimer
1,754AbonnéesSuivre
Articles qui pourraient vous intéresser

3 COMMENTAIRES

  1. C’est trop facile d’acculer ce ministre dans la mesure où il n’y rien de choquant dans ce vote  » condamnant » la Russie pour les violations de l’intégrité territoriale d’un pays souverain . Maintenant sur la question de l’insubordination hiérarchique il faut faire attention car le premier ministre a avalisé officiellement ce vote à l’ONU . Donc conseil de ministre ou non les propos du premier ministre à la presse font office d’accord tacite . Le problème du PRM c’est sa ministre de la communication qui n’a rien à faire à tous ces déplacements à l’extérieur et surtout avec ses commentaires débiles pour ce genre de sujets hautement diplomatiques !

  2. Si ‘information sur l’insubordination du ministre est vérifié, je ne vois pas pourquoi il ne serait pas démis de ses fonctions, et encore une fois, qu’est ce que Madame lalatiana Andriatongarivo à voir là-dedans? C’est vous qui êtes débiles

  3. Le vice-président brésilien a condamné la Russie et Borsalino a dit le contraire. Pas de démission ni limogeage. C’est une question politique mais pas un problème juridique. Ce juridisme prôné par les occidentaux est une tromperie. La France occupe nos îles, Mayotte. Juridiquement condamnable mais elle ne va pas lâcher !

LAISSER UNE RÉPONSE

Veuillez saisir votre commentaire !
Veuillez entrer votre nom ici