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mercredi 30 novembre 2022
DomicilePolitiqueCarte d’identité nationale : L’opposition craint une manœuvre électorale

Carte d’identité nationale : L’opposition craint une manœuvre électorale

« À moins d’une année de la présidentielle, recourir à des imprimeries privées pour l’impression des CIN est plus une décision politique que technique », s’inquiète l’opposition.

La sérénité a totalement abandonné le camp de l’opposition. La décision de l’Etat de recourir à des imprimeries privées dans l’édition des imprimés nécessaires à la distribution d’acte de naissance et de carte d’identité nationale n’est pas pour rassurer cette opposition qui crie à des manipulations afin de mieux contrôler les résultats des futures élections.

Quelques heures après la décision de l’Etat, en Conseil des ministres, de recourir à des imprimeries privées dans l’édition des imprimés nécessaires à la distribution d’acte de naissance et de carte d’identité nationale dans le cadre des opérations de jugement supplétifs en cours, l’incompréhension et l’indignation guettent les rangs de l’opposition. L’imprimerie nationale ne peut pas suivre le rythme des travaux à venir, indique le communiqué du conseil des ministres de ce mercredi. L’Etat a, en effet, ressenti l’enthousiasme des citoyens majeurs âgés de 18 ans dépourvus de copie d’acte de naissance et de carte nationale d’identité à s’inscrire auprès de leur fokontany, commune ou district pour bénéficier de cette opération. Une autre décision sur l’imprimerie nationale a été également prise lors de cette réunion hebdomadaire. Après le limogeage d’Angelson Randriamboavonjy, l’ancien Directeur, qui a informé de l’existence des doublons lors de l’élection de 2018, le Conseil des ministres a nommé, ce mercredi, Mbinison Dorette Ratsiavahana comme nouvelle directrice par intérim de l’imprimerie nationale au niveau du ministère des Finances et du Budget. Ainsi, il y a vraiment de quoi s’inquiéter de ce que l’Etat manigance à moins d’une année de la présidentielle.

Fraudes

Les animateurs du talk-show, « Miara Manonja », sont les premiers à réagir face à cette décision qui est loin d’être neutre et d’assurer la sérénité dans un contexte particulier et dont l’essor des prochaines élections en dépend en grande partie. Ils ont ainsi crié qu’il s’agit d’un calcul politique bien orchestré de la part du régime. « Des membres du gouvernement possèdent des imprimeries et on va certainement leur attribuer le marché », ont-il lancé tout en soulignant que « cela favorise les fraudes lors de la présidentielle à venir pour favoriser le candidat du pouvoir. Le recours à des imprimeries privées est-il la solution ? Peut-être que le problème n’est pas là, mais il y a quelque chose derrière », a réagi le député Tiako i Madagasikara, Mamy Rabenirina.

Recrutement

En moins d’un mois, c’est donc la deuxième décision prise concernant l’imprimerie nationale. La crainte d’une manipulation sous toutes ses formes du côté de l’opposition mais aussi des observateurs, n’assure pas un climat politique paisible à moins d’une année de la présidentielle même si le régime a toujours réussi, jusqu’à ce jour, à bien museler cette frange qui reste bien éveillée et surveille de près les opérations. En effet, le Conseil des ministres de ce 28 septembre, a donné son accord à la communication verbale relative au recrutement de main d’œuvre non spécialisée (EMO) au nombre de 49 au niveau de l’imprimerie nationale pour une période de trois mois renouvelable, en fonction de la durée des travaux. Toutes ces décisions ont mené le député Mamy Rabenirina à interpeller les responsables que « l’imprimerie nationale a été créée afin de gérer la « confidentialité » et la « sécurité » des documents gouvernementaux afin qu’ils ne se propagent pas et ne soient faciles à falsifier ».

Tout compte fait, ces décisions alimentent les craintes et n’assurent pas un climat politique serein. Ce n’est qu’un secret de polichinelle que les bénéficiaires directs, les citoyens majeurs âgés de 18 ans dépourvus de copie d’acte de naissance, de carte nationale d’identité, les EMO, et les imprimeries privées, mis à part, des politiciens arrivent toujours à tirer les ficelles de ce genres de décisions.

Julien R.

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