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lundi 5 décembre 2022
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Tanamasoandro à Imerintsiatosika : L’expropriation contestée par les riverains

Des habitants de six communes touchées par la construction de la nouvelle ville ont organisé une manifestation hier.

Vers un Ambohitrimanjaka bis. Le projet Tanamasoandro que le régime est en train de réaliser à Imerintsiatosika, dans la Commune de Tsimahabeomby, fait actuellement l’objet d’une contestation par la population locale. En effet, les riverains ont organisé une manifestation hier pour exprimer leur mécontentement contre l’expropriation de leurs terrains. Plusieurs paysans issus de 6 fokontany, à savoir Ambohitrantenaina, Ambohitsaratelo, Fiantsonana, Ankazondandy, Morarano Nord et Fonenana, ont participé à cette manif. Ils dénoncent le « forcing de l’Etat ». Selon eux, ce dernier refuserait de les écouter malgré les nombreuses rencontres et concertations qui se sont succédé depuis l’année dernière. Il convient de noter que le Conseil des ministres a déjà pris un décret déclarant d’utilité publique une partie des terrains qui vont abriter ce projet d’envergure. Comme ce fut le cas lorsque le projet Tanamasoandro était prévu être installé à Ambohitrimanjaka, une partie de la population d’Imerintsiatosika envisage aussi de contester vigoureusement son installation sur leurs terres. D’après les partisans de ce mouvement de contestation, il y a des tombeaux, des maisons d’habitation et des champs de culture de riz sur les terrains faisant l’objet d’une expropriation. Mais à travers leurs interventions, l’on aperçoit que les riverains contestent surtout le prix proposé par l’Etat dans le cadre de leur indemnisation. À entendre les explications du maire local, le prix serait de 8 000 ariary le m2 pour les terrains titrés – bornés, et de 5 000 ariary par m2 pour les terrains bénéficiant d’un certificat foncier. Une proposition injuste et inacceptable selon les principaux concernés. Ils dénoncent aussi le fait que l’expropriation ne prenne en compte que les terrains. Aucune évaluation et aucune considération des biens immobiliers et des produits agricoles.

Dimension politique. Sur les 982 ha de terrains prévus pour abriter la nouvelle ville Tanamasoandro, 235 ha, soit 23%, appartenant à des particuliers sont concernés par la procédure d’expropriation. C’est ce qui a été annoncé par le Conseil des ministres au mois de mars 2021. La grande majorité du site mesurant 747 ha, soit 76% est constituée par des terrains domaniaux, c’est-à-dire des surfaces appartenant à l’Etat. Actuellement, des travaux de terrassement sont déjà en cours sur le site du Tanamasoandro. Le maire de la Commune Urbaine d’Imerintsiatosika, Parisoa Andriambolanarivo, lance un appel à l’endroit des responsables au sein du Secrétariat d’Etat en charge des Nouvelles villes et de l’Habitat afin de suspendre les travaux sur les propriétés privées. En effet, ce dernier propose aux responsables étatiques de débuter les travaux au niveau des terrains appartement à l’Etat. Ce maire indépendant estime qu’un éventuel forcing sur la réalisation de ce projet risquerait de porter atteinte à l’image du régime, et surtout d’impacter sur les résultats des élections de 2023. Il reconnaît, toutefois, que la procédure entamée actuellement par l’Etat est légale vu le fait qu’elle fait déjà l’objet d’une déclaration d’utilité publique. Quoiqu’il en soit, malgré cette contestation, le régime Rajoelina n’envisage pas de faire machine arrière. Comme la RN44, la RN5A, le projet autoroute Tana-Tamatave, le flyover à Anosizato, le tramway et le train urbain, ce projet Tanamasoandro revêt aussi d’une importance particulière sur l’avenir du régime, et particulièrement sur la carrière politique du président Andry Rajoelina. À ne pas minimiser non plus car à l’approche de l’échéance électorale de 2023, il est fort possible que cette manifestation de la population d’Imerintsiatosika prenne une dimension politique.

Davis R

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2 COMMENTAIRES

  1. C bien de rêver alors que 80% de la population ne mange pas à sa Fain, n’ont pas accès à l’eau potable et d’électricité des villes sont dépourvus de route on se trouve parmi les pays le plus pauvre du monde c mettre la charrue avant les zébus c bien à l’image de wera wera

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