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vendredi 9 décembre 2022
DomicileSociétéSanté publique : Les maladies infantiles mortelles encore négligées

Santé publique : Les maladies infantiles mortelles encore négligées

La présentation des travaux d’études liés au projet « Zaza salama » à Ankorondrano.

Une étude menée par Development Media International a mis en exergue les obstacles rencontrés par les parents dans la prise en charge des trois maladies infantiles les plus meurtrières. Une campagne radiophonique sera ainsi menée pour inciter au changement de comportement afin d’améliorer la survie des enfants de 0 à 5 ans.

Alarmant !

Le taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans à Madagascar est de 51 pour 1 000 naissances vivantes contre une moyenne mondiale de 37. C’est dans cette optique que le Development Media International (DMI) en partenariat avec le ministère de la Santé publique a mis en œuvre le projet « zaza salama » de 2022 à 2024. Ce projet vise à améliorer la survie infantile chez les enfants de 0 à 5 ans, à travers une campagne radiophonique sur la prévention des maladies les plus mortelles dont la diarrhée, le paludisme et la pneumonie. Il s’agit, également, de promouvoir la recherche de soins dès l’apparition des premiers symptômes. Des travaux de recherche préliminaires ont été conduits auprès de 86 personnes issues des districts d’Antsirabe I, Betafo et Toliara II pour identifier les barrières à la recherche de soins. Le manque de moyen financier, la confiance en la consultation de tradipraticien ainsi que les maladies considérées comme courantes figurent parmi les obstacles rencontrés par les parents pour la prise en charge médicale de leurs progénitures. « Nous avons déjà commencé les recherches depuis septembre 2022 avec les enquêtes qualitatives, ce qui nous a permis d’identifier les obstacles au changement de comportement sur la survie infantile et ensuite de décider sur quel message nous allons travailler dans le cadre de ce projet », selon Sapho Briand, directrice des opérations et représentante du DMIà Madagascar.

Obstacles

Pour le paludisme, le déni de cette maladie, la crainte d’injection en cas de fréquentation de centres de santé ainsi que les rumeurs sont à l’origine des barrières rencontrées pour sa prise en charge. L’allusion mortuaire de la moustiquaire, la gêne ainsi que la non-possession de moustiquaire imprégnée d’insecticide figurent aussi dans la liste. Pour les diarrhées, les rumeurs concernant le vol d’organes dans les centres de santé ainsi que les risques de décès en cas de piqûre font partie des obstacles pour la prise en charge. La pneumonie, quant à elle, est encore perçue comme une maladie ne pouvant pas être traitée par un médecin. De plus, la fermeture des centres de santé durant le week-end, comme cela est le cas à Toliara, et l’éloignement par rapport à certains malades entrave la prise en charge correcte de ces maladies.

Sensibilisation

Sur la base de cette recherche formative rigoureuse, le DMI concevra et réalisera une campagne radio de 24 mois afin de lutter contre les obstacles qui empêchent d’adopter les comportements cibles. La campagne sera diffusée en langue malgache sur 40 stations à travers Madagascar et touchera environ 70% de la population. « Nous allons aider les gens à reconnaître les symptômes de ces trois maladies et les encourager à rejoindre les centres de santé par la suite. 60 scénettes radiophoniques produites par des professionnels mêlant humour et drame seront diffusées dans les radios. Nous allons mettre en scène deux à quatre personnages pour que le public cible puisse s’identifier », argue Sapho Briand.

Narindra Rakotobe

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