- Publicité -
mercredi 7 décembre 2022
DomicileCulturePortrait : Bahoejy et Levelo, les papes du « baoejy »

Portrait : Bahoejy et Levelo, les papes du « baoejy »

Bahoejy était le danseur du duo fondateur du mouvement culturel. (crédits photos : « Baoejy, dihin’i Bahoejy » (2014) de l’association Tiasary)

Bahoejy et Levelo, alias Ndaty, deux patrimoines vivants de la musique du terroir malgache. Ce duo d’Ambodimandresy, dans la région Sofia, a fondé un mouvement culturel qui allait traverser les mers. Son représentant national, le plus connu est le maestro fils d’Antsohihy, Tianjama, « Hody izaho maraina », « Andeha Ambanja »…

À l’international, c’est Baba Lereo ou Baba de Madagascar avec ses titres comme « Bahoejy », « Lereo » et d’autres encore. Dans ces rares reportages sur la musique malgache des latérites, « Baoejy, dihin’i Bahoejy » (2014) de l’association Tiasary, une scène marque toutes les séquences, quand Bahoejy montre sa carte d’identité, c’est son vrai nom.

Quant à Ndaty, raccourci nominatif souvent donné aux originaires du Sud de Madagascar, dans le civil il se nomme Levelo. Ils se sont tous deux associés pour fonder dans les années avant « électro » (‘50/’60), une musique/danse dénommée « Baoejy ». Pour ce faire, un accordéon, l’instrument de base, un tambour.

Levelo, ou Ndaty, l’« accordéon-hero » d’Ambodimandresy. (crédits photos : « Baoejy, dihin’i Bahoejy » (2014) de l’association Tiasary)

« Nous allons dans les champs de mon frère, et j’avais pour partenaire les feuilles d’un tronc de bananier. Il nous regardait tout en s’esclaffant que nous étions des fous », raconte Bahoejy dans le documentaire. Quand les techniques étaient au point, Bahoejy et Ndaty ont décidé d’appeler des demoiselles du village pour partenaire de chorégraphie.

Levelo était alors un parolier et musicien génial. « Andeha Ambanja », devenue une chanson culte et maintes fois reprise par les stars locales et nationales, est de son cru. De son côté, Bahoejy cherchait toujours à améliorer les mouvements, cinq, six jusqu’à plus d’une quinzaine. Le feu de la jeunesse aidant, « nous n’allions plus travailler, on ne pensait qu’à danser », se souvient Bahoejy.

La renommée du duo se propage alors dans la région. Les premières performances à Antsohihy, les notables qui veulent animer leur village, « Bal manjôfo », « Sôma davôla-mazava »… Le nom « baoejy » a fini par devenir un mouvement artistique dans la région. Les jeunes se l’approprient dans leur langage, même les « dahalo » intégraient ce mot dans leur code…

« J’ai arrêté quand un jour on m’a demandé de me déplacer, mais on n’a reçu aucun salaire », regrette Ndaty. L’arrivée de l’« électro », l’électricité et ses nouvelles technologies, a aussi fini d’achever la gloire des deux fondateurs d’un des grands mouvements culturels malgaches, le « Baoejy », la danse a été inspirée du swing.

Recueillis par Maminirina Rado

Suivez nous
311,259FansAimer
1,754AbonnéesSuivre
Articles qui pourraient vous intéresser

LAISSER UNE RÉPONSE

Veuillez saisir votre commentaire !
Veuillez entrer votre nom ici