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vendredi 27 janvier 2023
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Rôrô : Une calamité socioculturelle

La situation s’avère critique pour les adolescents malgaches, car ils s’enfoncent dans l’obscurité, se dilatent les narines pour inspirer quelques grammes ou se transfuser, afin de franchir la porte du paradigme.

Rôrô gangrène la société

Trabaiky ou rôrô, les noms varient selon les endroits et les régions, les mots les plus prononcés ces derniers temps. Un malheur qui essaye d’envahir le pays, pollue le sang et a un effet néfaste sur la société ! 

 Ces dernières décennies, Madagascar est devenu une plaque tournante de la poudre blanche. Celle-ci circule dans la Grande Île et transporte, aussi bien les fils opulents que les pubères démunies des quartiers périphériques, dans un lieu imaginaire. Si les premiers se voient privés de liberté suite à une éducation stricte et sévère, ces derniers veulent s’évader du ghetto. Alors, ils se rencontrent au centre de la spirale infernale de l’héroïne. À la première dégustation, ils constatent que la poudre magique leur procure des ailes. Après le long voyage, ils atterrissent sur terre une fois que la dose de fiction diminue. Après avoir navigué dans les nuages, retour à la vie normale. Alors, ils se mettent à se piquer les veines pour retourner au pays des merveilles. Par conséquent, l’addiction se développe jusqu’à ce que leurs avant-bras soient troués par la seringue des illusions.

Les poètes urbains disent non à rôrô

Face à ce phénomène, les rappeurs et poètes ont ouvert une page sur les réseaux sociaux pour sensibiliser la jeunesse. Daero, Matio Tanora, Tito-Be Good’N, Tooten, Sax, Soja-B, Red Mack Killah, Siojay, Mike Didikoff, Vy Mamay, Paz, X-Tah, Masnadd, KJ, Kwincy Kwinga ont tous partagé leurs vidéos dans la page #Norôrô dans le but de conscientiser les benjamins. Des rimes, des chansons sont aussi diffusées un peu partout tant sur les chaînes télévisées que sur les ondes de la capitale, une bonne initiative surtout quand la plupart des parents pointent du doigt la culture hip hop. Bon nombre de personnes âgées accusent les rappeurs d’ être les premiers responsables. Or, la plupart de ces artistes jouent le rôle de grand-frère dans leurs morceaux.

Les olobe s’inquiètent

Par ailleurs, les traditionalistes et les pères éducateurs tirent la sonnette d’alarme. « Partout où nous allons, ce rôrô ravage nos enfants. C’est inquiétant ! De notre côté, nous réalisons un projet, un grand travail pour persuader les jeunes, les inciter à dire non à la drogue. Car notre pays est en danger… Oui, un danger imminent qui entraîne Madagascar dans une profonde dépression », martèle un membre de la société civile. Les jeunes sont l’avenir du pays, une phrase souvent citée par les raiamandreny. Mais vu l’état des choses, le dicton se formule peu à peu. Touchons du bois pour que l’avenir ne soit pas dans des bras cicatrisés par le trabaiky. 

Iss Heridiny 

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