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mardi 7 février 2023
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Falihery Razafindrakoto : « Comment espérer la participation des personnes handicapées au développement, si le pays ne dispose même pas d’une politique nationale dans ce domaine ? »

Falihery Razafindrakoto du Réseau Malgache du Handicap.

La Journée internationale des personnes handicapées est célébrée ce jour à Madagascar. Si des efforts sont initiés par certains acteurs pour promouvoir les droits des personnes handicapées, beaucoup restent à faire. En marge de cette Journée internationale , Falihery Razafindrakoto du Réseau Malgache du Handicap a accepté de nous en dire davantage sur la question.

Midi Madagasikara (M.M) : La thématique de la Journée internationale des personnes handicapées entend mettre en avant leur participation citoyenne dans le long processus de développement du pays. Comment trouvez-vous cette approche ?

Falihery Razafindrakoto (F.R) :Permettez-moi tout d’abord de rappeler que Madagascar a ratifié la Convention Internationale relative aux droits des personnes handicapées le 12 juin 2015 (loi 2014-031). Cette convention a pour objet de promouvoir, de protéger et d’assurer la pleine et égale jouissance de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales par l’ensemble des personnes handicapées, et de promouvoir le respect de leur dignité intrinsèque. Sept années sont passées et les citoyens handicapés sont toujours en attente d’une décision qui va lancer la mise en œuvre des droits reconnus dans cette convention. Par manque de volonté politique et absence de projection. En cette Journée internationale, le thème national « Élan de solidarité pour un monde réussi : les personnes en situation de handicap solidairement responsables du développement de Madagascar » insinue la responsabilisation des personnes handicapées au développement du pays. C’est une bonne intention mais qui manque de réalisme.

M.M : A en croire vos dires, les personnes handicapées du pays ne sont pas pour le moment des citoyens responsables à part entière. Est-ce le cas ?

F.R : Etre un citoyen responsable, c’est participer activement à la vie sociale, culturelle et économique en développant une éthique personnelle fondée sur l’ouverture, la liberté de pensée, l’esprit critique, la solidarité et la responsabilité. En guise d’ouverture, de liberté de pensée et de ma contribution critique à l’occasion de cette journée commémorative, je pose quelques questions aux décideurs politiques du pays. Comment participer activement à la vie sociale quand toutes les infrastructures qui vous entourent vous empêchent de vous mobiliser ? Comment participer au développement du pays si vous n’avez pas accès ni à l’éducation, ni à la santé et encore moins à l’emploi ? Comment remplir ses devoirs de citoyen dans de bonnes conditions alors même que les membres du personnel d’accueil et les professionnels manquent de formation et méconnaissent les difficultés concrètement vécues par les personnes handicapées ? Comment espérer la participation des personnes handicapées au développement, si le pays ne dispose même pas d’une politique nationale dans ce domaine ? C’est bien de faire des slogans qui font rêver mais ce ne sont pas suffisants.

M.M : Selon vous, qu’est-ce qu’il conviendrait de faire pour changer les choses ?

F.R : A l’occasion de cette Journée internationale des personnes handicapées, je réitère mes revendications en faveur des droits à l’autonomie et à la participation sociale des personnes handicapées. Être autonome implique de faire partie intégrante de la société et d’en être acteur à part entière. La participation sociale renvoie à la possibilité de réaliser pleinement des activités courantes ou des rôles sociaux valorisés par la personne ou son contexte socioculturel selon ses caractéristiques (âge, sexe, l’identité socioculturelle, …) à égalité avec les autres citoyens. L’autonomie et la pleine participation sociale des citoyens handicapés sont tributaires de l’accessibilité. C’est la principale clé de l’exercice de la citoyenneté. Sans cette clé, point de droit. Je pense à l’accès des personnes handicapées à tous les bâtiments des services administratifs, leur accès aux services sociaux de base…Mais je parle également de l’accès aux services et aux informations au même titre que les autres citoyens. Je profite également de cette occasion pour féliciter le courage des malgaches handicapés qui évoluent dans un environnement hostile. Bravo pour tous vos efforts à la participation sociale.

Propos recueillis par José Belalahy

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