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mardi 28 mars 2023
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Variété – Jazz : Récital parfait de Solomiral

Solomiral, le band du haut de ses 48 ans de scène.

Magnifique soirée au Karibotel Twenty Six vendredi soir, pluie ou non, Solomiral a offert une prestation dans le sillage de sa réputation de monument de la musique malgache. Un sans faute.

Solomiral, une musique traversée par le temps. « Cela a tout de même débuté en 1975 », rappelle Hajazz, quelques minutes avant le début du récital au Karibotel Twenty Six à Analakely vendredi soir. Quatre des frères Rasolomahatratra étaient présents. Même si parfois Fanaiky avait besoin d’une main à agripper pour descendre de la scène. Avec sa basse et grâce à son toucher magique, il arrive à faire oublier à la salle ses soucis médicaux. Alors, le cours magistral peut commencer. Devant un public complice et mélomane, où se trouvaient des adeptes, des amis de longue date, des musiciens, etc. Du premier au dernier titre de la soirée, le récital se transforme en une frise musicale enveloppante et complexe, presque mathématique. Oscillant entre le rock, le funk, le disco, la soul, le r’n’b, et le jazz, en compas. « Nous mettons toujours en avant que nous ne sommes que des musiciens professionnels… Des gens disent de nous que nous sommes des grands musiciens, une fois que vous vous dites que vous êtes un grand, c’est que vous plafonnez, que vous avez atteint votre limite. Nous essayons seulement au mieux de rester dans le milieu », avance-t-il.

Complicité et génie, l’élixir des Solomiral vendredi soir.

Et à Mendrika, le batteur de renchérir. « Nous continuons à apprendre ». Derrière ce génie fraternel des frères Rasolomahatratra, il y a aussi l’humilité et l’affabilité. Et avec l’âge étant donné qu’ils sont maintenant grands-pères, la bonification prend une texture libre. Solomiral était déjà présent du temps des courants majeurs, le folk des années 60, du rock, du jazz et du disco des années 70/80… et même le rap des années 90. Tant et si bien que tout cela se retrouve dans chaque titre. En illustration, le morceau « Ankizy milalao » issu de l’album « Mahatsiaro » (2001), aux évolutions disco sur du texte aussi simpliste et aérien que les jeux d’enfants. Ou encore, « Embouteillage », Hajazz s’amuse à dire qu’il s’agit de « la première chanson de rap malgache ». Dans la salle, un « Lalaina ». En plus d’une quinzaine de titres, Solomiral a confirmé sa présence inamovible dans le paysage musical malgache. « Au début, nous étions quatre, j’avais treize ans et tu avais quel âge déjà ? » questionne soudain Hajazz à Mendrika. Celui-ci répond, « tu avais treize ans et j’en avais quatorze ». Les deux grands frères, Njaka et Bruno, menaient la barque. En 1986, Fanaiky et Ny Ony ont rejoint la formation.

Vendredi soir, « Hafatra » chanté devant un public assouvi ramène à cette époque des premiers pas. « C’est une chanson de Manjaka… en fait, nos chansons sont des compositions de Manjaka, qui est maintenant devenu pasteur, de Bruno et un peu de moi », concède Hajazz. Et tout s’éclaire. Un aspect du band a été souvent occulté : les paroles des chansons. Surtout les ballades « Ny ela mantsy maharay roa/Aoka isika tsy hifankafoy/Hivavahana lalandava ny fihavanantsika tsy ho rava/Aza matahotra ianao, fa ianao no tiako hatramin’izao/Ka ho mandrakizay, izany akia Lala ô! ». Tout est dit dans « Hafatra », le vent de l’époque, la poésie, la vision d’une jeunesse, le rapport de l’artiste à la langue malgache… soutenu par des mélodies gravées pour toujours dans la tête. Ny Ony, Mendrika, Hajazz et Fanaiky le noyau, était entouré par Rivokely au synthé, Andry aux percussions, Seta et Tahina Vibe aux cuivres.

Maminirina Rado

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