Dans l’antiquité, les hostilités guerrières observaient une trêve pendant les jeux Olympiques. Les sportifs qui s’étaient préparés pendant quatre ans aux compétitions pouvaient y participer sans problème. Depuis la reprise des Jeux en 1896 à Athènes, cette trêve ne fût pas toujours respectée. En 1916, 1940 et 1944 les manifestations n’ont pas pu avoir lieu. D’autres fois il s’en fallu de peu que les athlètes n’effectuent pas le déplacement. Afin que les Jeux soient un témoignage de Paix et… d’honnêteté le Comité International Olympique crée en 1928 la cérémonie de la flamme, les serments Olympiques lus par les athlètes, les officiels et même maintenant par les entraineurs. En 1920, les pays vaincus à l’issue de la grande guerre : l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Bulgarie et la Turquie ne furent pas invités. En 1936, les Jeux de Berlin ont perdu l’âme Olympique. En réalité ils ont servi à prouver la puissance d’Hitler, ce n’était plus les Jeux de Berlin mais ceux du Reich !
Tous les prétextes sont bons ! La grande vedette sportive, bien sûr fût incontestablement l’américain Jesse Owens vainqueur du 100 m, 200, longueur et 4X100 m en athlétisme. La triste image retenue est le départ d’Hitler lorsque Owens avec un bond de 8,06m dépasse largement la performance de l’allemand CarlLong (7,87m). Hitler ne voulait surtout pas serrer la main d’un noir !
En 1956 l’intervention, de l’armée soviétique a failli compromettre les Jeux de Melbourne. Aux Jeux de Tokyo le Japon envoie un symbole fort en choisissant le jeune Yoshinori Sakai né le jour même où la bombe atomique fût lancée à Hiroshima.
En 1968, le monde est en ébullition car partout la jeunesse se révolte. En Tchécoslovaquie les chars soviétiques font leur entrée pour réprimer « le Printemps de Prague ». En Chine, la révolution Culturelle bat son plein. Au Mexique, théâtre des Jeux, le gouvernement fait tirer sur les étudiants (250 morts) dix jours seulement avant l’ouverture des Jeux. L’organisation des compétitions est mise en péril.
Tommie Smith et John Carlos lèvent leur poing ganté pendant la cérémonie de remise de médailles du 200 m et baissent la tête pendant les hymnes nationaux afin de soutenir la cause des noirs victimes de racisme dans leurs pays. 1968, c’est aussi l’assassinat à Memphis de Martin Luther King puis de Robert Kennedy frère de John, Président de la République des Etats Unis.
Le carnage de Munich. En 1972 l’Allemagne voulait organiser les plus beaux Jeux de tous les temps afin d’effacer ceux de 1936 de triste mémoire. Malheureusement toutes les espérances furent effacées dans la nuit du mardi 5 septembre. L’horreur d’une tragédie provoquée par des terroristes palestiniennes masqués comme de vrais bandits qui foncent dans les habitations du village Olympique, ou réside la délégation israélienne. Ces sauvages abattent froidement deux de leurs otages. Le massacre se poursuit jusqu’à l’aéroport de Munich où les terroristes pensaient s’enfuir. Le résultat est dramatique ! Neuf israéliens, cinq palestiniens et un policier sont tués. Avery Brundage le président du CIO propose l’arrêt des compétitions pendant 24 heures et demande, afin de ne pas donner raison aux terroristes, de poursuivre les compétitions en prononçant cette phrase « la Paix Olympique doit être plus forte que la violence ».
De 1976 à 1988, la politique d’intimidation fait son apparition. L’Afrique boude les Jeux de Montréal pour protester contre la présence de la Nouvelle Zélande dont l’équipe de Rugby s’était rendue en Afrique du Sud, pays banni pour cause d’apartheid. A Los Angeles et Moscou, chacun se neutralise. A Séoul, le monde a peur de la Corée du Nord toujours aussi menaçante. A Atlanta une bombe explose le 27 juillet dans le parc Olympique faisant une centaine de blessés.
Espérons que ce fut le dernier attentat. Jusqu’à maintenant à Rio la sécurité est bien efficace et de qualité. Pourvu que cela dure ?
Francis HERBET