
Les partis politiques de l’opposition semblent avoir perdu leur crédibilité. Le dernier sondage du CCOC est très alarmant.Alors que le CCOC (Collectif des citoyens et des organisations citoyennes) a publié, il y a une semaine, les résultats d’un sondage d’opinion réalisé en février 2025 dans la ville d’Antananarivo afin de mieux comprendre la perception des habitants sur la situation politique, économique et sociale, au niveau des états-majors politiques, surtout ceux de l’opposition, une crise de confiance profonde commence à s’installer. A la sortie d’une séquence électorale inédite, même les militants les plus aguerris semblent se rendre compte des manœuvres politiques qui s’opèrent en haut lieu, au détriment de la base. Le sondage du CCOC montre d’ailleurs que 49,24% des Tananariviens enquêtés n’ont plus confiance à l’opposition en général si 24,38% seulement ont l’avis contraire.
Groupuscules
En effet, la faible affluence lors des reboisements organisés par les partis de l’opposition est un révélateur de ce désaveu qui se confirme de plus en plus. Le parti Tiako I Madagasikara (TIM) de l’ancien président Marc Ravalomanana, à Imerinkasinina, tout comme le parti Malagasy Miara-Miainga (MMM) de l’ancien vice-Premier ministre Hajo Andrianainarivelo, à Nandihizana Carion, n’ont pas réussi à mobiliser tous leurs partisans contrairement aux dernières éditions qui se ressemblaient à des démonstrations de force. Lors de la rentrée politique du parti Hery Vaovao ho an’i Madagasikara (HVM), au mois de février dernier, il y avait plus de sièges que de personnes au QG à Andraharo, saisi récemment par le Bureau indépendant anti-corruption (Bianco). En tout cas, 1,16% des personnes enquêtées par le CCOC ont affirmé avoir beaucoup de confiance en l’opposition. Une situation qui invite ces partis à réviser leurs stratégies politiques. « Il est temps que chaque formation s’occupe de la redynamisation de sa base », a d’ailleurs déjà martelé le député Firaisankina d’Ambatondrazaka, tout en fustigeant les anciens partis qui se réduisent en groupuscules qui dépendent seulement de la notoriété du parti TIM.
Homme providentiel. Quoi qu’il en soit, l’enquête s’est appuyée sur un échantillon d’environ 1 200 personnes, sélectionnées selon la méthode des quotas, en tenant compte de la structure démographique issue du dernier recensement de 2018. La guerre de leadership interminable qui parasite toute tentative de rapprochement entre les différents partis, accusés les uns comme les autres d’être de connivence avec les dirigeants actuels, ne fait que décrédibiliser l’opposition. Et cela fait l’affaire du régime dans une conjoncture socio-économique compliquée. En tout cas, c’est la classe politique dans son ensemble qui n’aspire plus confiance. Les résultats des enquêtes du CCOC montrent, en réalité, que 33,93% des Tananariviens ne font pas confiance aux dirigeants si 37,13% ont un avis contraire. Peu importe, l’histoire récente de Madagascar a montré que la population, même poussée à bout, attend souvent l’ « homme providentiel » pour la sauver. L’inertie des leaders de l’opposition face aux différents problèmes de ces derniers temps en dit long sur son rapport avec le régime.
Julien R.
Et 50,40 % des sondés sont prêts à manifester pour défendre la liberté d’expression ! Alors Mieur le journaleux ?