Le Conseil des ministres de samedi a pris le décret n°2020-359 relatif à la proclamation de l’État d’urgence sanitaire.
Rapide. Comme il fallait s’y attendre, la vitesse de propagation du coronavirus est très rapide. Hier, le président Andry Rajoelina a annoncé l’existence de 9 nouveaux cas. Toutes, des personnes ayant rejoint la Grande Ile cette semaine, à bord du vol Air France AF934 qui a fait plusieurs allers-retours Tana – Paris CDG pendant la période exceptionnelle que l’Etat a accordé aux ressortissants malgaches désirant rentrer au pays. Ces nouveaux porteurs de COVID-19 sont : une femme malgache de 61 ans arrivée jeudi dernier à bord du vol AF934 d’Air France ; une autre femme de 58 ans ayant pris le même vol ; un Malgache âgé de 60 ans (même vol) ; un Français de 60 ans résidant à Madagascar et arrivé par le même vol également ; une femme malgache de 54 ans également arrivée par le vol AF934 ; un Guinéen de 55 ans résidant à Madagascar sur le même avion d’Air France arrivé le 19 mars ; une femme malgache âgée de 43 ans ayant pris le même vol du 19 mars ; un autre Malgache de 44 ans (même vol) ; ainsi qu’un homme de 58 ans arrivé le 19 mars par le même vol. Actuellement donc, la Grande Ile compte 12 cas de Coronavirus. Leur contamination a été confirmée par les résultats des analyses effectuées par l’Institut Pasteur. L’âge de ces nouveaux cas confirme ce que les spécialistes ont toujours évoqué par rapport au profil des gens atteints par cette pandémie. En moyenne à partir de la quarantaine. Ces personnes sont actuellement sous surveillance par les agents de santé et sont confinées à l’hôpital, a annoncé le chef de l’Etat. En effet, ils suivent un traitement à l’hôpital « manara-penitra » d’Andohatapenaka avec les 3 cas confirmés vendredi dernier. Andry Rajoelina a aussi fait savoir que pour le moment, Madagascar ne compte aucune victime (zéro décès) du Coronavirus. Une sorte de démenti aux rumeurs qu’ont véhiculé la mort de la femme de 19 ans dont la contamination a été confirmée vendredi.
Etat d’urgence sanitaire. Face à l’indiscipline et l’insouciance générale et généralisée des Malgaches, l’Etat a choisi de durcir les mesures. Au cours du Conseil des ministres spécial qui s’est tenu à Ambohitsorohitra samedi dernier, le président Andry Rajoelina a pris le décret n°2020-359 relatif à la proclamation de l’État d’urgence sanitaire. Une situation d’exception va être appliquée pour une durée de 15 jours. « Pour des raisons de sécurité sanitaire, de calamité publique et pour permettre le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ». Pour renforcer la surveillance, un « Centre opérationnel COVID-19 » a été mis en place au « Mining Business Center à Ivato ». Le Conseil des ministres a décidé de renforcer la surveillance, mais aussi la traque de tous les passagers sont rentrés à Madagascar depuis le 14 mars dernier. Des médecins, des aides soignants, des psychologues, des assistantes sociales et des éléments des Forces de l’ordre seront mobilisés et iront à leur domicile pour effectuer un contrôle et pour suivre régulièrement leur état de santé.
Réquisition. Pour rappel, l’État d’urgence confère au président de la République, des pouvoirs spéciaux lui autorisant à légiférer par ordonnances, à mettre à sa disposition tous les moyens civils et militaires dont il souhaite avoir pour le besoin de la Nation, mais aussi pour réquisitionner sans aucune restriction. Si l’on se réfère à l’article 7 de la loi 91-011 relative à la situation d’exception, l’Etat peut réquisitionner des biens et des personnes au niveau des services publics ou des entreprises, même sans notification au préalable des concernés. Sont concernés par cette disposition les domaines du ravitaillement, Eau et énergie, service de santé et hôpitaux, services vétérinaires, Transports, Postes et Télécommunications, Radiodiffusion et Télévision, Service de la voirie, Établissements bancaires, Direction du Contrôle financier, Services rattachés aux Institutions, ainsi que les différents ministères. En application à cette disposition, le Ministère de la Santé publique a annoncé hier la réquisition de tous les agents de santé sans exception.
Transports en commun. Aussi, dans le cadre de l’application de l’État d’urgence sanitaire, le président Andry Rajoelina a annoncé hier le confinement total des personnes au niveau des deux Provinces touchées par le Coronavirus, à savoir Antananarivo et Toamasina. Arrêt total des transports en commun pour ces deux grandes villes. Le chef de l’Etat a appelé tout un chacun à rester dans sa maison. Interdiction totale de sortir. Les taxi-be, les taxis et les taxi-brousses sont appelés à cesser leurs activités. Même restriction pour tous les bureaux administratifs, à l’exception des services liés aux secteurs santé, la Justice, la sécurité publique, la JIRAMA, la voirie et les organes de presse. En revanche, les transports de marchandises peuvent circuler. Les sanctions seront sévères pour ceux qui passent outre ces mesures, a averti Andry Rajoelina. Pour renforcer le contrôle, des barrières sanitaires seront mises en place à la sortie de la capitale, mais aussi au niveau de toutes les grandes villes de Madagascar. Afin que la population puisse se procurer de PPN, les grandes surfaces, les grossistes, les épiceries, les stations services, les pharmacies et les banques sont autorisés à ouvrir leurs portes. Des « Tsena mora » seront ouverts aussi au niveau des quartiers à Tana et à Tamatave. Le Chef de l’Etat a aussi décrété un couvre-feu. Interdiction strict de sortie donc pour les tananariviens et les Betsimisaraka entre 20h et 5h du matin. Il convient de rappeler que les textes relatifs à la situation d’exception prévoient des peines d’emprisonnement en cas de non respect des mesures. La durée de l’État d’urgence sanitaire est de 15 jours. De nouvelles mesure seront prises au fur et à mesure de l’évolution de la situation du COVID-19, a annoncé le président de la République.
Davis R