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lundi, septembre 28, 2026
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Exportation de girofle : Prolifération des spéculations abusives dénoncée par le GEGM

Jean-Luc Dama, président du GEGM.

La baisse de la production de girofle en Indonésie crée des distorsions sur le marché à Madagascar. A l’aube de l’ouverture de la saison, les spéculateurs raflent toute la production des paysans. Le GEGM sollicite une meilleure régulation par l’Etat.

12 000 à 15 000 tonnes par an. C’est la production moyenne de girofle de Madagascar, destinée à l’exportation. Exceptionnellement pour la saison 2017-2018, la Grande île a réussi à exporter 25.000 tonnes de ce produit de rente. Cette même performance pourrait être atteinte cette année, suite à la baisse de la production de l’Indonésie, qui exporte en moyenne entre 80.000 et 100.000 tonnes de girofle par saison, alors que cette année, sa production a baissé en dessous de 50.000 tonnes, selon le GEGM (Groupement des exportateurs de girofles de Madagascar). A noter que le girofle est le 2e produit d’exportation de Madagascar, après la vanille. C’est donc l’un des produits de rente qui fait entrer le plus de devises. « La plupart de notre production vient de la région Analanjirofo et environ 98% des exportateurs sont membres du GEGM. Auparavant, nous avons été consultés pour dresser la liste des exportateurs agréés. Mais dernièrement, ce n’est plus le cas. Nous reconnaissons que cette tâche fait partie des fonctions régaliennes de l’Etat. Cependant, nous avons certains avis à émettre, par exemple sur la prudence par rapport à certaines sociétés. Nous avons mis à la disposition des autorités étatiques, une grille de contrôle. Les paramètres considérés concernent les infrastructures, l’hygiène, la sécurité au travail, etc. Cela permet d’avoir une projection de la quantité exportable », a indiqué Jean-Luc Dama, président du GEGM. Celui-ci a également convenu avec l’Etat, que ceux qui ne paient pas convenablement leurs impôts et ceux qui ne font pas de rapatriement de devises ne devraient plus obtenir l’agrément pour l’exportation de girofle.

Campagne. Pour cette année, il a été convenu que le début de campagne pour la région Analanjirofo commence le 5 octobre ; et pour les régions Atsimo Atsinanana Vatovavy et Fitovinany, le 29 septembre. Alors que la grande récolte est encore attendue, la demande auprès des producteurs est déjà en forte hausse, et le prix suit la même tendance, dans la partie nord du pays, même si les informations sur les références de prix à l’international ne sont pas encore connues. « D’habitude, les prix du kilo auprès des exportateurs varient entre 15.000 Ar et 16.000 Ar, sachant que l’exportateur devra encore faire le séchage, le triage, le conditionnement, etc. Pourtant actuellement, le prix auprès des paysans producteurs atteint déjà ces 16.000 Ar. En d’autres termes, il y a certains opérateurs qui arrivent à acheter cher au niveau des producteurs locaux, mais qui arrivent à vendre à prix très bas. On peut interpréter cette situation de différentes manières, mais cette situation ne pourrait être viable. Il faut une régulation pour lutter contre les spéculations abusives, car au final, même le paysan sera aussi perdant », a noté le GEGM. D’après les explications, il est fréquent que des étrangers arrivent pour le commerce de girofle à Madagascar, spéculent en bafouant les règles et disparaissent à la prochaine saison. Ces activités nuisent au développement du secteur, selon le GEGM. Les contrôles de la qualité, obligatoires avant l’exportation, ont considérablement amélioré le girofle de Madagascar, mais ils devraient encore être renforcés.

Antsa R.

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