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dimanche, septembre 27, 2026
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Filière cacao : Grande démotivation des planteurs

Jidor Kalo, le chercheur de FOFIFA à Ambanja, présentant la variété de cacao la plus performante.

Madagascar, à travers la région Sava, a une grande réputation mondiale en matière de production de cacao fin et bio, outre la vanille gourmet.

Cependant, la Grande île pourrait perdre cette place si la tendance de la situation actuelle, surtout au niveau des planteurs, n’est pas renversée. En effet, « les planteurs de cacao qui sont au nombre de 30 000 paysans dans la région Sava, sont plutôt démotivés à produire davantage tant en termes de quantité que de qualité. On identifie plusieurs raisons dont, entre autres, la détérioration du prix de ce produit d’exportation ». Jidor Kalo, Chef de la station régionale de recherche au sein de Fofifa à Ambanja, l’a exposé dans le cadre de l’événement intitulé « Le chocolat en fête », organisé par la Chocolaterie Ecole Edenia à Nanisana la semaine dernière. Et lui d’ajouter que les prix de la fève de cacao fraîche varient actuellement entre 1 500 et 2 000 Ar le kilo tandis que ceux de la fève de cacao sèche varient entre 5 000 pour le type standard et 10 000 Ar pour le type supérieur.

Renouvellement des plantations. « Seuls environ 15% de la production sont qualifiés de cacao supérieur. Les acteurs de la filière arrivent à bien respecter le temps de préparation de ce produit de rente, soit entre 6 et 8 jours de fermentation des fèves dans des bacs, suivie d’un séchage pendant une semaine en moyenne. Faute d’argent, les planteurs écoulent leurs produits en à peine trois jours de séchage sur le marché. Ce qui impacte la qualité du cacao », d’après toujours ses explications. En outre, « ils ont du mal à s’investir dans la filière pour le renouvellement de leurs plantations datant de 50 à 60 ans. Leur rendement de productivité a, de ce fait, chuté de moitié. Face à cet état de fait, l’Etat a mis en place une ombrière de pépinière de cacaoyers, en 2017, dans le cadre du projet Pôle Intégré de Croissanc, phase II. L’objectif est de produire 200 000 plants par campagne. Mais l’enclavement des fokontany qui constituent des zones de production de cacao à Sambirano constitue une autre raison qui démotive les planteurs. Ces zones se situent, entre autres, à 70km, voire 90km d’Ambanja. L’Etat prévoit actuellement de réhabiliter un tronçon de route long de 43km reliant Ambanja et Antsiratsira, mais c’est encore insuffisant pour soutenir les planteurs de cacao », a soulevé le chercheur Jidor Kalo.

Exportée à l’état brut. En effet, « il faudrait acheminer les jeunes plants par tracteur ou par voie maritime jusqu’aux zones de production. Ce qui entraîne des pertes. Du coup, nous avons créé des pépinières délocalisées dans quatre communes productrices, à savoir, Bemanevika, Marovato, Ambohimarina et Ambohitrandriana. L’objectif est de produire 30 000 jeunes plants de cacaoyers qui seront mis en terre à partir de janvier prochain, en vue de produire des fèves de cacao dans cinq ans. Par ailleurs, un manque d’encadrement d’amont en aval de la filière cacao par des techniciens agricoles dans la région Sava est observé. Ces derniers devraient assurer le suivi depuis la production de pépinière, l’entretien et le traitement biologique des plants jusqu’au traitement post-récolte dont, entre autres, la technique de fermentation et de séchage des fèves de cacao. Le développement de la transformation de cacao sur place n’est pas en reste. En effet, seuls 5% de la production sont transformés à Madagascar. La grande partie est exportée à l’état brut à l’extérieur. Et enfin, la recrudescence des vols de cacao constitue une autre raison démotivant les planteurs », a-t-il conclu.

Navalona R.

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