
Après celle qui a marqué la dernière session parlementaire de décembre 2021, le groupe parlementaire Tiako i Madagasikara (TIM) appelle à nouveau les députés pour désapprouver le gouvernement par une motion de censure. Et ceci, compte tenu de ce que le pays traverse et de la pauvreté profonde que vivent les Malgaches, soulignent les députés TIM lors d’un point de presse qu’ils ont donné, hier à Tsimbazaza.
C’était avant tout l’occasion pour les députés du parti de Marc Ravalomanana de dresser un bilan très sombre du régime d’Andry Rajoelina et des 13 années post-TIM. Ils ont noté qu’au cours de cette période, le pays avait été plongé dans l’extrême pauvreté et que sous le régime de l’ancien président Ravalomanana, le PIB atteignait 7,13% pour chuter actuellement à -7,2%.
Le groupe parlementaire TIM trouve alors que cette initiative est totalement légitime étant donné l’article 103 de la Constitution qui stipule que l’Assemblée nationale peut mettre en cause la responsabilité du gouvernement par le vote d’une motion de censure.
Si cette opération n’a pas pu aboutir lors de la dernière session parlementaire, c’est qu’elle a eu du mal à obtenir la majorité exigée. Selon encore l’article 103, une telle motion n’est recevable que si elle est signée par la moitié des membres composant l’Assemblée nationale et que la motion n’est adoptée que si elle est votée par les deux tiers des membres composant l’Assemblée nationale. Le TIM doit alors compter sur des députés « Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina » (IRD) réfracteurs.
Lors de la session de décembre dernier, le gouvernement a été sauvé par la cohésion des députés IRD et la discipline du parti. Cette fois-ci, avec les mésententes et les divergences qui rongent la famille Orange de l’intérieur, il y a à s’inquiéter. Dernièrement, le député Paul Bert Rahasimanana s’est livré publiquement à une joute verbale avec Andry Andriantongarivo, mari de la ministre de la Communication et de la Culture Lalatiana Andriantongarivo Rakotondrazafy. Le député Jean Brunelle Razafintsiandraofa a également dévoilé publiquement son désaccord avec le projet phare de la présidence qui est le transport par câble.
Reconquérir le pouvoir
Les députés du parti de Marc Ravalomanana ont également montré leurs ambitions de reprendre le pouvoir par des élections transparentes. Et cela, quelques jours seulement après la fermeture du RAL ou révision annuelle de la liste électorale. Ce qui laisse entendre que le TIM met déjà en garde les premiers concernés en ce qui concerne les élections, c’est-à-dire la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Les défis reviennent ainsi à ce dernier après l’élection présidentielle de 2018 suivie par l’incessant débat autour du problème de doublons.
Les députés ont d’ailleurs souligné dans leur communiqué la mauvaise intention de l’État à ne pas opérer la refonte de la liste électorale qui devrait être effectuée tous les 10 ans comme la loi l’indique.
Vu cette suspicion, des observateurs pensent que les députés du groupe parlementaire Tiako i Madagasikara sont dans une manœuvre politique bien orchestrée. Le schéma est d’abord de faire passer la motion de censure pour mettre en place un gouvernement de consensus et de participer à l’organisation des élections ensuite.
Julien
Le groupe parlementaire Tiako I Madagasikara appelle les députés à une motion de censure.



