
Dessiner, danser, chanter et toutes activités artistiques sont utilisées dans la prise en charge de la santé mentale.
L’art-thérapie, encore peu connu mais déjà pratiqué à Madagascar, permet aux patients souffrant de troubles psychiques d’exprimer leurs émotions, de construire une image valorisante de soi et de retrouver la sérénité, selon les explications de Hery Mampionona Randriantahiana, animateur en art-thérapie au centre Sain- Benoît Menni Imeritsiatosika.
Tous sont concernés. Cela concerne tout le monde selon ses dires, car chacun aura à faire face au moins une fois dans sa vie à des troubles qui affectent son humeur, sa pensée et son comportement. La capacité à les gérer diffère cependant d’un individu à l’autre, faisant que certaines personnes requièrent des soins plus spécifiques. Selon l’OMS, 1 personne sur 5 souffre de troubles psychiques tels que la dépression, la bipolarité et addictions de toutes sortes.
Peu de gens viennent consulter. A Madagascar, les troubles les plus courants sont les troubles de la personnalité, suivis de près par l’addiction aux drogues, à l’alcool et aux cigarettes. D’autres addictions telles que l’addiction à l’écran, aux jeux d’argent, au sexe pour ne citer que celles-là, existent aussi. Peu de gens viennent consulter et soigner ces troubles pour différentes raisons. Dans la plupart des cas, les proches des victimes de ces troubles ne semblent pas trouver évident ni urgent la nécessité de les soigner. D’autres en sont conscients mais sont arrêtés dans leurs élans, pensant les soins trop onéreux ou ne sachant pas vers qui se tourner. A part Anjanamasina et les hôpitaux qui prennent en charge ce genre de trouble, les centres spécialisés dans la prise en charge de la santé mentale sont encore très rares à Madagascar. Les rares qui existent sont, de plus, méconnus du public. La plupart des familles malgaches ont aussi tendance à cacher le membre, sujet à ce genre de trouble, considéré à tort comme de la folie, une maladie honteuse.
Les arts pour grandir. Le centre Saint-Benoît Menni a accueilli son premier patient en juillet 2016. Depuis, le centre a accueilli plus de 2 500 patients dont la majorité est nécessiteuse. Ils sont pris en charge sans médicaments, mais uniquement au moyen de l’art-thérapie dans le cadre du projet « Les arts pour grandir ». Hery Mampionona Randriantahiana explique que le but du projet est aussi de lutter contre la stigmatisation des personnes souffrant de ces troubles psychiques. Le terme « fou/folle » est banni dans la prise en charge. Les œuvres de ces personnes prises en charge ont été exposées à L’Hôtel du Louvre durant le week-end du 05 au 07 mars sous le thème « L’art au service de la santé ». Les visiteurs ont pu bénéficier d’ateliers de bien-être durant l’événement. Le but étant de faire connaître l’existence de ce centre et de faire savoir que les troubles psychiques peuvent se soigner grâce à l’art et toutes ses subtilités.
Hanitra Andria




