
Leurs récents discours ne soufflent pas l’apaisement dans leur propre camp. Jusqu’où iront-ils ?
Hajo Andrianainarivelo est connu comme un fidèle parmi les fidèles au président de la République. Contre vents et marées, le président du parti Malagasy Miara-Miainga (MMM) n’a jamais tenté de quitter le navire. Contrairement à d’autres figures qui ont déjà fait un tour dans l’opposition avant de rejoindre le camp de Andry Rajoelina. Raison pour laquelle il figure parmi les rares soutiens de la première heure du président de la République qui figure toujours dans la liste des membres du gouvernement. Mais récemment, sa langue se délie. Il a dénoncé les « pressions et intimidations » qui pèsent sur les élus de son parti. Il n’a pas mâché ses mots pour critiquer cette situation.
Mal-aimés. La déclaration de ce ministre de l’Aménagement du territoire et du Service foncier est perçue comme une mise en garde à l’endroit de certains tenants du pouvoir dont il a, pourtant, évité de prononcer des noms. Et ce n’est pas la première fois qu’il a évoqué ce cas. En 2021, Hajo Andrianainarivelo a déjà tenu le même discours. Il est revenu à la charge et dénonce. Le parti Malagasy Miara-Miainga ne pèse pas moindre dans l’alliance pro-présidentielle avec ses élus dans quelques régions. Mais, il semble que les troupes du MMM seraient passées comme des mal-aimées dans la légion de formations politiques qui soutiennent le président de la République.
Téléphérique. Brunelle Razafitsiandraofa, quant à lui, est presque réduit au silence depuis sa dernière intervention médiatique sur le financement des infrastructures à Ikongo. Lors du découpage territorial dans le cadre de la création de la 23ème région, il a déjà raté le coche. Aux yeux de ses collègues, il récidive dans “l’histoire téléphérique” à Antananarivo. Ce député IRD aurait voulu que la manne financière destinée à réaliser le projet polémique de téléphérique à Antananarivo, finance les routes qui sont dans un état déplorable, dans son district à fortes potentialités agricoles. Mais les aspirations de cet élu ne sont pas les bienvenues dans son propre camp. Il a mordu la main nourricière. Son groupe parlementaire est monté au créneau pour le critiquer avec virulence sur la place publique. Son bureau politique aurait voulu le sanctionner après ce « dérapage ». Et Brunelle Razafitsiandraofa a été mis sur le ban après avoir servi les intérêts politiques du président de la République depuis que ce policier de carrière a choisi l’arène politique, il y a presque dix ans.
Opposition. Paul Bert Rahasimanana dit Rossy n’est pas allé par quatre chemins pour vilipender le secrétaire général du ministère de l’Energie, Andry Andriantongarivo. Le député IRD qui réclame au président de la République de « faire le ménage dans son entourage » avait du mal à digérer les faits et gestes de Andry Andriantongarivo du parti Freedom, à son égard. Ces deux protagonistes font partie du même bord mais le torchon brûle entre eux au point que Rossy a choisi le circuit médiatique pour tirer à boulets rouges sur le mari de la ministre de la Culture et de la Communication. Certains observateurs parlent de « frustration » mais le député semble déjà être au bout de sa patience. « Evitez de nous pousser à rejoindre le camp de l’opposition », a mis en garde celui qui a milité corps et âme pour hisser l’actuel président sur son trône.
Rija R.




