D’une semaine à l’autre, on reste pantois devant la manière dont les événements se précipitent. Nul besoin d’être un grand devin pour prévoir que l’attelage au sommet de l’État allait faire une embardée. Devant les écarts de conduite de certains membres du gouvernement risquant de faire dévier de sa route toute l’équipe, le président de la République et son Premier ministre ont décidé de se séparer de ces trublions ayant mis à mal la solidarité gouvernementale. En fait, le malaise qui s’est révélé au grand jour existait depuis longtemps et il donne l’occasion au Chef de l’État d’essayer de faire repartir l’action gouvernementale sur de nouvelles bases. La succession des scandales et des bourdes au sein du régime a vicié l’atmosphère politique du pays. Les critiques émises au sein même du régime n’ont pas fait réagir le président de la République qui semblait bardé de certitudes. Et malgré les signes avant-coureurs d’une crise au sein de son équipe, il a décidé de tenir son cap. La décision d’interdire les valises à roulettes dans les cabines des avions décollant d’Ivato a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. L’annonce faite par les services du ministère des Transports et qui a été réitérée par le ministre lui-même à la TVM a été contredite par son collègue du ministère du Tourisme. Cette directive qui a mis en émoi les professionnels du secteur touristique, déjà passablement déçus par l’ouverture ratée des frontières. Le communiqué publié mercredi soir après le Conseil des ministres annonçant le renvoi de certains membres du gouvernement est tombé comme un couperet. Dans le contexte actuel, il s’agit d’un électrochoc, mais personne ne connaît l’ampleur du changement qui va être apporté. Il va se produire au moment où est sorti le rapport de la cour des comptes sur la gestion de la pandémie de la Covid-19. Les magistrats n’ont épargné personne et ont pointé du doigt toutes les anomalies de cette gestion. Le scandale est immense, mais on ne sait pas quelle suite lui sera donnée. Un autre lièvre a été levé à la CNaPS par des syndicalistes qui ont dénoncé des abus dans la gestion des fonds de la Caisse nationale de prévoyance sociale.
La crise née de la guerre menée par la Russie en Ukraine domine toute l’actualité internationale. Deux semaines après l’entrée des troupes russes dans le pays, les opérations militaires s’enlisent. Il n’est plus question d’avancée rapide des soldats de Vladimir Poutine. La résistance ukrainienne s’est très bien organisée et elle a causé des pertes importantes à ses adversaires. Des négociations ont commencé entre les délégations russe et ukrainienne. Les sanctions appliquées par les Européens et les Américains se durcissent sur le plan économique. La décision d’un embargo sur le pétrole et le gaz russes ne fait pas l’unanimité car certains pays européens sont très dépendants de cette source d’énergie. La réunion des 27 pays membres de l’Union européenne à Versailles a permis d’affirmer la solidité de l’entente des 27. Tous affirment que la voie politique est la seule solution à ce conflit entre la Russie et l’Ukraine.
La scène politique dans la Grande île n’a jamais été aussi troublée que maintenant. Le pouvoir est au pied du mur et il doit trouver la meilleure issue possible à la crise en train de l’ébranler en ce moment. Ce qui arrive était prévisible car les problèmes se sont accumulés sans aucune réaction des dirigeants. Le Chef de l’État et son Premier ministre ont décidé de prendre le mal à la racine. Tout le monde attend la suite des événements avec une certaine appréhension.
Patrice RABE




