
La société Quits Minerals Madagascar ou QMM a procédé mardi 8 mars dernier au relâchement d’eau de procédé de son site minier dans la rivière de Mandromondromotra. Un relâchement qui a eu l’aval de l’ANDEA ou Autorité Nationale de l’Eau et de l’Assainissement, note la société.
La société Quits Minerals Madagascar ou QMM a fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps. Quelques jours après l’annonce d’une mission de contre-expertise menée conjointement par l’ANDEA ou Autorité Nationale de l’Eau et de l’Assainissement et l’INSTN ou Institut National des Sciences et Techniques Nucléaires, qui est d’ailleurs en cours, des faits liés à la suspicion de contamination des ressources en eaux sont soulevés par les autorités locales et quelques acteurs des organisations de la société civile. Dans une vidéo publiée sur la page Facebook de la région Anosy, Jocelyn Raharimbola, gouverneur de ladite région, annonce l’observation de « poissons morts et d’autres animaux aquatiques du côté du seuil de versoir du site d’exploitation de la société et sur la plage de Manàkana ». Un constat effectué suite à l’interpellation de la population et des ministères concernés, a-t-on avancé. L’intervention de Jocelyn Raharimbola fait également savoir que la délégation qui a effectué la descente s’est orientée vers la rivière Mandromondromotra qui accueille l’eau de procédé relâchée depuis le site minier de la société QMM. « Si nous n’avons pas observé de poissons morts du côté de la rivière Mandromondromotra, l’on a toutefois constaté une certaine pollution de l’eau », note le gouverneur de la région Anosy. Avant de renchérir que « des poissons morts ont été collectés par la population pour les vendre auprès des marchés locaux ». Face à la situation et face au risque de contamination des ressources en eau, les autorités de la région Anosy ont décidé « d’interdire la pêche aux alentours du site d’exploitation » de la société minière.
Réponses. De son côté, la société QMM, via un communiqué publié hier annonce qu’un « relâchement contrôlé d’eau de procédé du site minier dans la rivière de Mandromondromotra » était effectué le « mardi 8 mars 2022, avec l’autorisation de l’ANDEA et dans le strict respect des conditions imposées par notre permis ». La société avance également qu’ « aucun impact tel que la toxicité aiguë pour les poissons n’est attendu avec ce relâchement contrôlé. Celui-ci a été fait de manière à éviter tout impact sur milieu récepteur ». Selon la société minière, « une surveillance renforcée aux alentours de la rivière de Mandromondromotra est effectuée chaque jour depuis le début du relâchement. Celle-ci est conduite par une équipe de suivi en collaboration avec les nouveaux membres du comité (ANDEA, DREAH Anosy, ONE, CSO)». Et qu’ «aucune anomalie n’a été détectée depuis le début du relâchement ». Par ailleurs, la société souligne qu’un incident similaire s’était déjà produit en 2019. D’après toujours la société minière, « Dans une enquête approfondie et indépendante du CNRE, le rapport avait conclu qu’aucun lien ne pouvait être établi entre les opérations de QMM et les poissons morts ». Pour l’heure, l’on attend les résultats d’une enquête menée par les autorités compétentes. D’ici là, la société semble être dans la ligne de mire de certains acteurs de la vie sociopolitique du pays.
Recueillis par José Belalahy




